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Les Errances Enjouées de Neus Amaëlle
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Les Errances Enjouées de Neus Amaëlle
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Les Errances Enjouées de Neus Amaëlle
  • Les fantaisies d'une petite littéraire bien entourée, en quête de sérénité dans un monde joyeusement chaotique, qui aime écrire, s'intéresse à plein de trucs & trouve que la vie, même si c'est un peu n'importe quoi, c'est drôlement chouette, quand même.
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24 octobre 2010

Yogi tea

"Yogi Tea", c'est une marque de thés et tisanes bio. Non seulement c'est bio et c'est bon, mais c'est aussi très amusant parce que, sur les paquets, on peut lire des descriptions de postures de yoga... (d'où le nom xD) ! Mon plaisir ultime reste de lire les aphorismes (vaguement bouddhiques sur les bords) inscrits sur les étiquettes des sachets de tisane - d'où vient cette très jolie phrase.

 

 

 

Bliss is a constant state of mind, undisturbed by gain or loss.

 

 

 

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3 septembre 2010

"Une petite scène de rue de rien du tout"

[Tiré d'une histoire vraie]

(qu'est-ce que je suis drôle)

 

Toulouse. Jardin du Capitole. Par une journée de juin au temps maussade.



Une petite scène de rue de rien du tout.



Une dont on peut facilement être témoin tous les jours. Un truc banal au plus haut point. Un truc qui n'a pas dû durer plus de trente secondes. Un truc qui aurait aussi bien pu ne jamais se produire sans que ça n'ait aucun impact sur le reste du monde. Un truc très simple, au fond. Dont on oublie les détails tellement on l’a déjà vu des milliers de fois. Parce que les détails n'ont aucune importance en soi.

Et pourtant, ce moment-là, ce tout petit moment-là, a été le point culminant de ma journée. L'évènement marquant. The highest point of my day.

Je rentrais de chez une amie. J'étais dans un état bizarre. Celui, familier depuis quelques temps, où un rien m'émeut et où je ne saurais dire si ça me rend heureuse ou triste. J'écoutais de la musique. Ce nouveau groupe que je venais de découvrir par hasard et que je m'envoyais en boucle depuis deux jours, au risque d'en dégoûter mes voisins. Je marchais dans la rue. Il ne faisait ni beau, ni moche. Le vent s'infiltrait sous ma veste, me laissant présager une bonne crève à venir (une semaine avant le début de l'été. Top.). Mais il ne pleuvait pas, c'était déjà ça. Et puis il faisait bon, surtout quand le soleil arrivait à percer entre deux nuages.

Pas envie de prendre le métro. Juste de laisser mon esprit vagabonder entre deux pas effectués sur le rythme de la musique. Juste de marcher, et de regarder. Regarder les gens qui marchent, qui discutent, qui rient, qui flânent, qui mendient, qui vivent.

J'avais réussi à me repérer, ce qui tenait du miracle – moi qui ai toujours tendance à me perdre sur ces trop grandes avenues linéaires où il est justement impossible de se perdre. A cause des travaux sur l'avenue Alsace-Lorraine, j'ai été obligée de serrer sur la droite, et de contourner la station de métro Capitole par le petit jardin, histoire de ne pas rajouter un peu de chaos supplémentaire au trafic automobile en débarquant n'importe où sur la voie. Je ne regardais pas franchement où j'allais.

 

 

Et c'est là que je suis rentrée dans quelqu'un. Je ne l'avais pas vue, ni entendue venir. C'était une toute petite fille. Trois-quatre ans, peut-être. Brune, basanée, avec de grands yeux et ce regard grave et pénétrant dont seuls les enfants sont capables. Elle devait être en train de courir quand elle s'est heurtée à moi, parce que, dans son élan, elle est tombée par terre. Elle fit un tour complet sur elle-même avant de s'étaler dans le gravier, atterrissant sur le dos.

Dès l'impact, j'avais commencé à m'excuser, sans même encore savoir de quoi il s'agissait. Quand j'ai vu que c'était une petite fille que je venais de renverser, j'étais encore plus désolée. Je me suis immédiatement penchée sur elle pour lui demander si elle allait bien et m'excuser un peu plus. Elle ne dit rien, se contentant de me regarder avec ses yeux noirs. Impossible de dire si elle était blessée, ou juste un peu sous le choc. Elle avait simplement l'air un peu étourdie. Mais que faisait-elle là, sur le dos, par terre, avec cette inconnue qui voulait absolument savoir comment elle allait ?

L'accompagnateur – le père, en l'occurrence – ne tarda pas à rappliquer. Fou d'inquiétude, il s'agenouilla à côté d'elle pour s'enquérir de la santé de sa fille. Avait-elle mal quelque part ? Se vidait-elle de son sang ? La pauvre enfant ne répondait toujours rien, d'où l'initiative de baiser ses petites mains, juste au cas où l'absence de réponse serait en réalité le symptôme manifeste d'un sérieux traumatisme psychologique et/ou d'une violente hémorragie interne. L'intéressée directe demeurant muette malgré l'effervescence, j'entrepris cette fois de m'excuser auprès du père. « Hé bien il faudrait peut-être enlever ses écouteurs de ses oreilles et regarder où on met les pieds ! » rétorqua-t-il, véhément, en jetant un regard hostile à l'immonde néo-nazie qui venait d'envoyer valdinguer son innocente enfant dans un amas de ronces et d'orties et qui entendait à présent dissimuler son victorieux sourire malsain derrière un faux-semblant de condoléances surfaites.

 

Je décidai d'appliquer la règle numéro un face au parent atteint du syndrome d'inquiétude irrationnelle : ne pas tenter de discuter. En effet, l'individu, par le choc émotionnel intense résultant de la vue de son enfant par terre, n'est de toute façon pas en mesure de prendre le recul nécessaire pour rendre une justice objective. Inutile, donc, de souligner que la gamine aurait pu, elle aussi, se servir à bon escient de sa vision binoculaire et éviter un obstacle mobile, ou, à défaut de porter suffisamment d'attention à son environnement immédiat, au moins ne pas être en train de courir droit devant elle près de l'entrée d'une des stations de métro les plus usitées de la ville. Dans le cas présent, vous êtes forcément le méchant de l'histoire, ne serait-ce que parce que la victime est plus petite et plus mignonne que vous – et accessoirement parce que le juge est le père de la dite victime. De toute façon, vous ne pouvez nier être un tant soit peu responsable de la situation présente – le volume sonore de votre mp3 ne serait-il pas un peu fort, maintenant que le bonhomme vous le fait remarquer ?

Témoin de la scène, se présenta une jolie black qui, peut-être pour tirer de l'embarras la maladroite accusée, fit remarquer avec un sourire aimable que la petite n'avait pas l'air de souffrir le martyr, étant donné qu'aucun cri n'avait été poussé ni aucune larme versée.

 

Mais le père semblait déjà avoir oublié le reste du monde. Sa fille et lui se regardent dans les yeux, la petite main toujours dans les siennes. Le mal est passé. Tout va bien.

 

Me sentant déjà de trop, je glissai un dernier « encore désolée ». Le père leva alors les yeux sur moi. Voilà que la néo-nazie se révélait en réalité être une jeune fille rêveuse avec une casquette bleue et un sac jaune citron qui aimait (un peu trop ?) la musique. Il ne put retenir plus longtemps un sourire de soulagement et finit par admettre que « ça arrivait » - et apparemment même aux papas protecteurs les plus zélés. Je m'éclipsai en leur souhaitant à tous les deux une bonne soirée. En m'éloignant, je pouvais encore l'entendre répéter à la gamine que « la jeune fille n'avait pas fait exprès ».

Seul vestige de la mésaventure, un brin de paille pris dans la queue de cheval de la petite. Et pour moi, une émotion très forte et quasi-impossible à expliquer.


Je ne sais pas si c'était parce que j'ai revu American Beauty il n'y a pas longtemps ; si c'est parce que j'étais in the mood (comme on dit) ; ou si c'est parce que j'écoutais à ce moment-là ma chanson préférée d'Absynthe Minded, mais j'ai trouvé cet incident, cet événement qui n'en est même pas un, cette petite scène de rue de rien du tout... belle. Connement belle. Belle à en avoir les larmes aux yeux.

Peut-être parce que la chute elle-même était belle. J'aimerais pouvoir la voir au ralentie pour en détecter toute la grâce des mouvements. L'élan. Le heurt. La pirouette. La chute. L'atterrissage, indolore, sur le dos. Comme si elle s'était laissée aller... L'innocence de l'enfant qui court, droit devant lui, et qui, malgré l'obstacle inattendu, se laisse tomber, sans peur, confiant, comme si aucun mal ne pouvait lui arriver. Et surtout, le fait que, dans deux minutes, tout aura été oublié. Rien ne l'empêchera de courir à nouveau...

Peut-être aussi parce que l'attitude du père était touchante. L'empressement. Le besoin de prévenir, de guérir un mal qui n'existe même pas. La réaction disproportionnée, gonflée par l'inquiétude. Inquiétude qui serre le cœur comme un étau, pourtant presque drôle quand on a le recul suffisant. Et le soulagement final. Le sourire qui veut tout dire : plus rien, maintenant que l'enfant va bien, ne pourra jamais troubler le bonheur du monde.

Ou peut-être parce que j'ai assisté là à la plus merveilleuse des illusions humaines. Celle de tout bon parent. Celle qui dit à l'enfant que rien ne pourra jamais lui arriver pour la simple et bonne raison que papa ou maman est là pour faire un bisou magique qui fait disparaître n'importe quel bobo. La grande illusion, soigneusement entretenue, selon laquelle les parents, par le seul amour, inconsidéré, qu'ils ont pour leurs enfants, ont réellement la capacité de guérir n'importe quel mal qui pourrait jamais atteindre leur fils ou leur fille. Le leurre de l'enfance. Celui qu'on regarde, attendri, comme le plus beau de tous les mensonges une fois qu'on est assez grand pour le comprendre.

12 décembre 2010

Mystery Jets



Groupe indie londonien, assez atypique, et qui gagnerait à être mieux connu !
J'aime beaucoup leur look décalé (si mes souvenirs sont bons ils brillaient littéralement de mille feux quand ils sont montés sur scène la première fois que je les ai vus, en première partie des Kooks... xD). Leur style musical est lui aussi assez "décalé" avec pas mal d'influences 80's. Je trouve qu'ils diffusent l'énergie et la bonne humeur ! Leurs textes sont assez fins ("Young Love", "Flakes", "Hand me down" sont celles qui me viennent spontanément en tête), sans toucher à des sujets très recherchés non plus - de toute façon ça colle bien avec leurs mélodies jouissives comme "Two Doors Down", par exemple ^^).

 

Le premier album (Making Dens) m'a demandé un temps d'adaptation pour vraiment l'apprécier - l'ambiance est assez mélancolique, même si mes préférées de celui-ci sont les plus péchues (on se refait pas, que voulez-vous !).
Genre :

"You Can't Fool Me Dennis", Mystery Jets, Making Dens.

A écouter aussi : "Purple Prose" et "Soluble in Air".
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Le second, par contre, est génial de bout en bout !
Sur les trois albums je conseillerais vraiment Twenty One pour découvrir (et aimer :D).




"Young Love", Mystery Jets, Twenty One.

(j'adore ce clip, pour les couleurs comme pour la vague absurdité régnante... ^^)
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"Two Doors Down", Mystery Jets, Twenty One.
(esthétique et "choré" trop drôles xD)


A écouter aussi : "Hideaway", "Half in Love with Elizabeth" et "Flakes" (très planante, dont j'aurais bien choisi de publier le clip si les deux autres que j'ai déjà regardés étaient pas nettement plus funky)
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Serotonin, sorti en juillet dernier, file pas mal la patate aussi !


"Serotonin", Mystery Jets, Serotonin.

J'adore surtout la chanson titre qui me donne toujours envie de hurler le refrain avec le chanteur, mais d'autres comme "Flash a Hungry Smile", "Alice Springs", "Lady Grey" ou "Dreaming of Another World" sont vraiment sympathiquement rétros aussi !

 

4 novembre 2010

Pixies

 

Je pense que je n'ai pas réellement besoin de présenter ce groupe, tout le monde a déjà entendu la ultra célèbre "Where is my mind?" utilisée comme générique de fin de Fight Club et reprise par des tonnes d'artistes (Placebo, Nada Surf, James Blunt, et sûrement plein d'autres encore... toutefois, si vous ne connaissez pas la version instrumentale au piano de Maxence Cyrin, elle est vraiment (VRAIMENT) magnifique et vaut le détour !)
CECI DIT, comme ils passaient au Bikini (la meilleure salle de concert de la ville, à la meilleure programmation... une des multiples raisons d'adorer Toulouse, si vous voulez mon pertinent avis !) en mai dernier, et que j'avais décidé qu'il était inconcevable de manquer une opportunité pareille, j'ai eu l'occasion de mieux écouter et d'aller plus loin que leur gros tube et la génialement mignonne "Here comes your man" que je connaissais déjà pour me plonger dans leurs albums et j'avoue que c'est réellement devenu un de mes groupes phare - d'ailleurs, j'écris cet article en partie pour mon amie la Bougie, qui doit en avoir marre que je lui parle des Pixies à tort et à travers alors qu'elle n'a jamais réellement écouté !

Quelques pistes pour découvrir...

Pour une très vague présentation (mieux vaut aller voir l'article de Wikipédia ou mettre son nez dans une encyclopédie sur le rock pour avoir plus de détails, je n'ai pas la prétention de dire que je connais tout d'eux, bien au contraire, la plupart du temps je me contente d'aduler aveuglément la musique sans même savoir d'où viennent les membres du groupe qui la jouent xD) :

Les Pixies (soit quatre membres, dont le leader Frank Black a fait pas mal d'albums solos que je n'ai d'ailleurs pas encore écoutés :O) sont originaires de Boston et se sont formés en 1986. Ils se sont séparés en 1993 puis reformés en 2004 - sûrement pour l'aspect financier, faut dire qu'il faut se battre pour avoir des places de concert... Après, j'avoue me ficher complètement des raisons qui font qu'ils jouent sur scène, leur musique reste géniale. On retrouve beaucoup d'influences différentes et Kurt Cobain dira souvent que son groupe leur devait beaucoup.

Mon album préféré reste Doolittle (2e album, sorti en 1989) mais j'avoue que tous les autres sont super aussi et que je me suis récemment surprise à écouter en boucle Bossanova, soit celui qui me transcendait le moins jusque-là ! Je pense quand même que Doolittle est le plus "abordable" quand on ne connait pas...

 

 

 "Caribou", dépaysante, issue du mini-album Come on Pilgrim

(sorti avant Surfer Rosa - sur lequel figurent notamment "Where is my mind?", "Gigantic", "Broken Face" et "Break my Body" - les deux ayant été par la suite regroupés sur un même album).

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 Le live de "Hey" (ô combien génialissime !) au Bikini - une de mes chansons préférées, tirée de Doolittle.

A écouter aussi en priorité : "Debaser" (dont le refrain redoutable au sens néanmoins mystérieux "I AM UN CHIEN!" n'en finira jamais de me transcender), "Wave of Mutilation", "Here comes your Man", "Monkey gone to Heaven", "La La Love You" et "Gouge Away".

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"The Happening", planante...

A écouter aussi sur Bossanova : "Cecilia Ann", "Rock Music", "Velouria", "Allison", "Dig for Fire" et "Havalina".

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"Planet of Sound", sur Trompe le Monde. (qu'est-ce que je donnerais pas pour la revivre en live ! *.*)

A écouter aussi : "Alec Eiffel", "Head On", "U-mass", "Bird Dream of the Olympus Mons" et "Letter to Memphis".



Note : ne pas s'arrêter aux illustrations quelque peu étranges des albums xD

25 décembre 2010

"Un an." (poème approximatif)

Un an,

 

           C'est rien.

 

           Et pourtant...

 

 

 

Il y a un an,

 

Je n'étais pas née,

 

- Ou à peine.

 

 

Il y a un an,

 

Je ne te connaissais pas.

 

Il y a un an,

 

Je ne me doutais de rien

 

Il y a un an,

 

Je ne savais rien

 

Ni de toi, ni de moi.

 

Et ça m'allait comme ça

 

Je n'avais pas vraiment le choix.

 

Et c'était bien comme ça.

 

C'était.

 

 

 

 

Depuis un an,

 

 

 

Ma vie est un bouleversement permanent.

 

 

 

 

Par un soir de Noël tout blanc

 

Alors que personne ne t'attendait

 

- Et certainement pas moi -

 

Peut-être que toi aussi,

 

Tu réapparaîtras.

 

Comme un soleil qu'on croyait perdu

 

A jamais

 

En fait simplement caché,

 

En retrait

 

Derrière un nuage

 

- Une mauvaise brume.

 

 

… Ce serait beau, tu ne crois pas ?

 

Tout un symbole...

 

La nuit du messie...

 

Et puis,

 

La neige, le printemps,

 

Le bourgeon, la renaissance,

 

Et tout le tralala.

 

 

Pour ce que j'en sais,

 

- Après tout -

 

La vie pourrait très bien

 

Manger de ce pain-là.

 

 

 

En un an, on en fait des découvertes

 

En un an, tout peut changer

 

En un an, tout change.

 

 

Il suffit d'un instant

 

- Rien qu'un seul -

 

Pour tout faire basculer

 

Du bon comme du mauvais côté

 

- Et au fond, je crois que c'est le même.

 

 

La chute d'une feuille morte,

 

Vestige d'un ancien monde

 

A présent révolu,

 

Maintenant disparu

 

– Ou presque.

 

 

Des routes qui se croisent,

 

Un chemin

 

Qui en rejoint un autre.

 

Peut-être pas pour longtemps

 

- Mais comment savoir ?

 

Et pourquoi le vouloir ? -

 

 

Un ressenti

 

- Celui,

 

Difficile à voir

 

Comme à admettre,

 

Qu'il n'y a plus de marche arrière,

 

Qu'il n'y en a même jamais eu

 

Et pourquoi le souhaiter ? -

 

 

Une musique,

 

Des paroles,

 

Des notes,

 

Une voix

 

Qui résonnent

 

Au loin,

 

Là-bas.

 

 

Un regard,

 

Un déclic,

 

Un choix,

 

Un Mot.

 

 

Un espoir, surtout.

 

- Vraiment rien du tout.

 

 

 

 

J'espère...

 

 

 J'espère que ça ira

 

 Qu'on s'en remettra

 

 Toi comme moi.

 

 

Chacun son fantôme,

 

Chacun sa foi,

 

Chacun sa loi,

 

Chacun son moi,

 

 

 Et chacun chez soi.

 

 

Mais je n'espère pas, en fait :

 

 Je le sais

 

– même si c'est bête.

 

 

 

Un an,

 

Une année,

 

Une année-lumière,

 

Un nouvel espace-temps,

 

Bien différent du précédent,

 

Et une nouvelle histoire.

 

 

La tienne, peut-être,

 

La mienne, sûrement.

 

 

 

 

Alors, dans un an...

 

 

 Dans un an, qui sait ?

 

 On peut toujours jouer

 

 A essayer de deviner

 

 Même si ça ne sert à rien.

 

 A rien et à rien de s'inquiéter

 

 Car tout ira bien, à présent.

 

 

 Maintenant que rien

 

   N'est plus comme avant

 

 Maintenant que tout

 

   Est déjà différent.

 

 

 Dans un an, un tout nouveau monde

 

 - aujourd'hui en germe,

 

 Secrètement -

 

 Naîtra, peut-être.

 

 Avec un peu de bonne volonté,

 

 Avec un peu de chance, aussi

 

 Et des deux, j'en ai plein

 

 A mes côtés,


 Partout,

 

 En moi.

 

 

 

Dans un an, je serai

loin.

 

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21 janvier 2013

"Notre parole", Valère Novarina.

L'extrait part d'une réflexion sur la télévision comme créatrice d'une parole qui n'est plus "parole" mais communication, basée sur un message de consommation et devenue objet elle-même plutôt que reflet d'une pensée.

 

"Il passe parfois dans ces vitrines du rien, dans ses fenêtres toutes grandes ouvertes sur notre fin, dans cette basse-cour de très grande criaillerie, il passe parfois sur cette scène où tout et chacun viennent se vendre, un homme dont la voix est tout autre. Tel cet homme, l'autre jour, qui nous revint après avoir été pour de bon réduit en marchandise et jusqu'au bout l'objet d'un marché. Un homme-objet, un homme échangé : l'otage Jean-Paul Kauffmann. Et cet otage, cet homme devenu une chose d'échange, nous rapportait de sa captivité comme un autre regard humain, une autre présence, d'autres mots. Contraste saisissant que d'entendre sur ce petit théâtre audiovisuel où il n'y a plus que le Veau d'or des choses et la communication entre nombrils qui soient vénérés, Jean-Paul Kauffmann nous dire avec douceur, avec beaucoup de silence, d'humilité, des choses très inattendues, très incongrues en ces lieux : que sa détention l'a mûri, qu'il a prié, et qu'il pense devoir à Dieu son retour. On souriait tout autour, un peu gênés par tant de simplicité... A nous, Occidentaux désenchantés et ricanants, à nous, athées névrotiques, Jean-Paul Kauffmann, le Revenant du Proche-Orient, rapporte la Bible, le livre où le nom d'Israël a été prononcé pour la première fois, à Peniël, au bord du Yabboq, il y a 3 762 ans. Il nous rapporte ce livre d'Orient, à nous Français positivistes et voltairiens encore éblouis par nos Lumières et qui ne voyons guère plus loin, à nous Européens américanisés, Européens d'Amnésie, qui nous refermons, qui nous rapetissons sur nos tristes frontières économiques, qui oublions que l'Europe ne s'est pas formée seulement au Club des Jacobins, à l'Athenaeum de Tübingen et à la Bourse de Londres, pas seulement à Athènes et à Berlin (comme le disent Heidegger et ses disciples), mais en accueillant l'Orient, en se tournant vers l'Asie et l'Afrique, en écoutant ces voix venues de Césarée, Alexandrie, Sfax, Damas, Hippone, Jérusalem... mais nous oublions... Toute la force vient des ancêtres, c'est ce qu'oublie toujours le Blanc.

 

Valère Novarina, Le théâtre des paroles.

 

 

1 juillet 2011

Chronique : Arctic Monkeys

Arctic Monkeys (+ The Shaking Heads) au Bikini le 28 juin 2011

 

La chronique sur Mygmusique => ici

 

Vingt-deux jours après la sortie de leur quatrième album Suck it and See et quatre jours après la mise en vente des places, les Arctic Monkeys font salle comble au Bikini. Etant donné que le quatuor de Sheffield arrive à remplir sans aucune difficulté les quelques zéniths qui constituent sa tournée française, rien d'étonnant à ce que les 1500 places de la meilleure salle toulousaine n'aient pas fait long feu, cette date étant sans nul doute l'une des plus intimistes de l'hexagone.

C'est d'ailleurs une ambiance très "zénith" qu'on nous réserve à l'entrée de la salle : abondance de barrières, bouteilles d'eau et sacs à main interdits ; une distance entre la scène et le public plus marquée que d'habitude (et je ne mentionne même pas le prix de la place)... C'est sûr, le Bikini paraît nettement moins chaleureux qu'à l'accoutumée ! Mais pour les Arctic Monkeys, on ferme les yeux - et on expédie son sac le plus vite possible pour être sûr d'être aux premières loges.

C'est aussi une ambiance "zénith" qui accueille la première partie. Les gens sont clairement venus pour applaudir Alex Turner et ses camarades britanniques, de sorte que, malgré la présence de nombreux fans déjà adeptes de leur rock garage ravageur, le défi est de taille pour les Shaking Heads. Mais le groupe toulousain avait manifestement bien prévu son coup : sans plus de cérémonie, ils balancent leurs titres aux riffs décoiffants et offrent une performance de feu ! Les quatre lascars se démènent pour honorer l'ouverture du concert d'un de leurs artistes références - "un rêve qui se réalise", commentera d'ailleurs Sam Willmott (chant). Le public ne résiste pas longtemps à cette explosion d'énergie bien rock'n'roll : le troisième titre, "Backlash", entame la glace, qui fond tout à fait face aux redoutables "She Doesn't Love Me Anymore" et "She Wants a Rockstar". "I'm in Love with Scarlett Johanson" sera l'occasion d'un bain de foule pour le chanteur (qui en perdra presque sa chemise). La réserve initiale laisse place à une véritable explosion d'enthousiasme se soldant par des EP offerts (comprendre "balancés dans la fosse") : le public, déjà bien impatient, est maintenant chauffé à bloc.

Les Shaking Heads ont d'autant mieux rempli leur contrat qu'un échauffement physique était plus que nécessaire à ce qui se préparait. Non pas que les Arctic Monkeys soient ce qu'on pourrait appeler des "bêtes de scène" : non, eux, ils font plutôt dans la sobriété, la politesse et le statique... mais personne n'oserait s'en plaindre, de peur de mourir dans des circonstances violentes et pour le moins atroces si jamais un des musiciens s'aventurait à essayer de faire monter la température un peu plus. D'ailleurs, il serait difficile d'imaginer que l'atmosphère puisse être encore plus moite dans la fosse qu'elle ne l'est déjà.

En effet, dès les premières notes, l'ambiance est à son comble. Il faut dire que "Library Pictures", issue du dernier album, n'y va pas par quatre chemins niveau entrée en matière, entrée en matière que "Brianstorm" achève de faire voler en éclats - en toute inutilité, puisque personne n'en peut déjà plus. Il faut préciser qu'il s'agit là d'un de ces concerts où les uns sont tellement collés aux autres qu'on finit toujours par goûter le déodorant de son voisin (en s'écrasant contre son dos trempé de sueur alors qu'on tentait vainement de neutraliser un mouvement de foule venant de derrière). Malgré un net regain de (sur)excitation lorsque des morceaux de la première heure font leur apparition - "Still Take You Home" ; "When the Sun Goes Down" (qui clotûrera le set) ; ainsi que les indispensables "The View From the Afternoon" et "I Bet That You Look Good on the Dancefloor" (enchaînement dévastateur) - le public fait un sans-faute : même sur les nouveaux titres, nombreux sont ceux qui sont incollables, de sorte que personne ne se prive de hurler en choeur les bons mots (subtils mais acérés) d'Alex Turner.

Le style a indéniablement évolué entre les débuts très garage, aux rythmiques tranchantes, et les nouvelles compositions, plus mélodiques - comme "The Hellcat Spangled Shalalala", nettement plus légère que le single "Don't Sit Down Cause I've Moved Your Chair", plutôt cynique. Mais les Arctic Monkeys n'ont pas renoncé pour autant au dynamisme électrique qui les caractérise - "Brick by Brick" en est une belle preuve - et dont on a souvent regretté l'absence dans l'opus précédent. Ce dernier fut d'ailleurs le moins mis à l'honneur dans la setlist, la grande majorité des titres présentés étant issus de Favourite Worst Nightmares, qui peut être considéré comme l'album permettant la meilleure transition entre le côté brut du premier disque et les compositions plus récentes. "Teddy Picker" et "Fluorescent Adolescent" comptent d'ailleurs parmi celles qui furent probablement les mieux accueillies - bien que le public se montrait d'un ravissement pour le moins constant.

Très peu de véritables "pauses" (l'enchaînement "She's Thunderstorms"/"Cornerstone", à la rigueur...) dans ce concert, mais l'audience ne s'en plaint pas - et en aurait probablement redemandé jusqu'à mort d'épuisement si le groupe ne se devait de quitter la scène un jour ou l'autre. Une atmosphère intense digne de véritables passionnés dont on ressort difficilement indemne - ou du moins sans avoir en tête l'idée obsédante de se procurer le nouvel album sur le champ.

 

"She Wants a Rockstar" (+ "After the Party" (que je connaissais pas, dis-donc :O !)), The Shaking Heads, How to Entertain People in a Paranoid City.

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"Backlash", The Shaking Heads.

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"I Bet That You Look Good on the Dancefloor", Arctic Monkeys, Whatever People Say I Am, That's What I'm Not.

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"Fluorescent Adolescent", Arctic Monkeys, Favourite Worst Nightmares.

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"My Propeller", Arctic Monkeys, Humbug.

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"Don't Sit Down Cause I've Moved Your Chair", Arctic Monkeys, Suck It & See.

26 mars 2011

Chronique : The White Lies

 

 The White Lies (+ Crocodiles + Transfer) au Bikini le 14 mars 2011

 

 Lien vers la chronique sur Mygmusique => ici

(et même que j'ai mon nom (niais) de chroniqueur à moiiiiiiii :D)

 

Les White Lies : nouveau groupe londonien très prometteur qui renoue avec la new-wave – d’où l’appellation, vaguement (sans mauvais jeu de mots) redondante de « new new-wave ». Alors même si on est lundi soir et que ça fait à peine quatre heures que je suis descendue de l’avion, rien ne m’empêchera de me rendre au Bikini pour un programme bien chargé – même si je manque m’envoler sous le souffle du vent incroyable qui balaye Toulouse.

 Le trio est précédé de deux groupes américains, quasi inconnus en France, qui, malgré le fait qu’ils viennent tous les deux de San Diego, n’ont pas grand-chose à voir sur le plan musical.

Un malencontreux retard me fait entendre les toutes dernières notes de la première partie, Transfer, groupe pour le moins sympathique – ils n’hésitent pas à parler, signer des autographes ou à prendre des photos avec leurs fans à la fin de leur show, dans la plus pure bonne humeur – et qui, après écoute de leur album Future Selves, m’a vraiment fait regretter d’avoir loupé leur performance live. Ils puisent eux aussi leurs influences dans le « rétro » (justifiant de ce fait leur présence en introduction des White Lies – cf « Losing Composure » ou « Take your medicine »), poussant même parfois jusqu’aux 60’s avec leurs vocalises (comme dans « My suspicions » ou le surprenant slow (si si, écrit en 2009, je vous jure !) « Get some rest »), sans pour autant se limiter à un genre en particulier dans leurs compositions.  

Avide de me rattraper, j’ouvre grand mes oreilles lorsque la seconde première partie, Crocodiles, entre en scène. L’ambiance change du tout au tout et me rappelle notamment The Big Pink (dans le genre groupe récent qui en envoie) par ses envolées planantes, très chargées en basse et en puissants riffs de guitares saturées, à l’occasion soulignées par un clavier. Le leader, Brandon Welchez, se la joue un peu Liam Gallagher avec ses grosses ray-ban mais n’en véhicule pas moins une grande énergie par son jeu de jambes, de guitare et les cris suraigus lancés sur la très bonne « Mirrors ». Les larsens fusent et semblent déstabiliser un peu le public – les gens se sont manifestement déplacés en majeure partie pour les White Lies – mais la salle est réceptive et j’ai pour ma part beaucoup apprécié leurs crescendos transcendants qui emportent dans un monde indie, bien électro, bien psyché, légèrement dark sur les bords, mais étrangement fascinant (« Stoned to Death », « Hearts of Love »). Un jeu peut-être un peu trop prétentieux pour une première partie, d’autant que le groupe n’est quasi pas connu en France, mais pour le moins efficace – tout aussi efficace que la batteuse de leur formation, d’une impressionnante précision – qui donne bien envie de se déplacer pour leur prochaine date à Toulouse – dans un cadre nettement plus intimiste – au Saint des Seins le 4 avril.

 C’est un public déjà conquis et impatient qui accueille les White Lies. La setlist est parfaite, alternant chansons de l’excellent premier album Lose my life et de Ritual, sorti en janvier dernier, qui, tout en poursuivant la même veine mêlant nostalgie des 80’s et explosion en puissance d’un gros son indie des années 2000, pousse l’exploration un peu plus loin avec quelques nouvelles chansons un peu plus posées. Les fans n’ont pas à attendre beaucoup pour entendre deux des titres phares du groupe : c’est en effet « A Place to Hide » qui ouvre le set. Entrée en matière très directe, qui enchaîne rapidement sur la plus sombre « Holy Ghost » pour une ambiance boîte de nuit, avant de revenir au premier album avec la chanson titre, pour le plus grand plaisir des fans, qui reprennent les paroles en chœur. Peu d’interactions avec le public, mais le charismatique Harry McVeigh, dont la voix rappelle celle du frontman des Killers (Brandon Flowers), semble néanmoins ravi d’être avec nous ce soir – d’autant que, pour une première date à Toulouse, comme il le précisera lors d’une de ses interventions, une très bonne énergie se dégage ! Même si on remarque une préférence du public pour les tracks du premier album, visible par le ravissement provoqué par « Fairwell to the Fairground » ou le final en crescendo de « The Price of Love »), les nouveaux titres sont très bien reçus et on se laisse aller à leurs rythmes plus lourds (« Is Love ») ou leur retour plus marqué au son des années 80 (« Streetlights », « Peace & Quiet »). Le point culminant : la très attendue et réclamée « Death » - paradoxalement, jamais une chanson sobrement intitulée « mort » ne m’a autant autant donné le sentiment d’être en vie et pleine d’énergie, et à voir la passion avec laquelle les gens scandaient le refrain autour de moi, la sensation était partagée ! C’est d’ailleurs cette chanson qui clôture le set, avant que le groupe ne revienne pour un rappel. La finale, « Bigger than us », dans le plus pur esprit du premier album, nous confirme le fait que les White Lies semblent sur la bonne voie pour nous vivifier, à coup de paroles dark mais étonnament enthousiasmantes, pendant encore un bon bout de temps !

 

"Take your Medicine", Transfer, Future Selves.

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"Mirrors", Crocodiles, Sleep Forever.

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"I Wanna Kill", Crocodiles, Summer of Hate.

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"TO Lose My Life", White Lies, To Lose My Life.

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"Death", White Lies, To Lose My Life.

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"Bigger Than Us", White Lies, Ritual

(le message de ce clip semble être une pique à la société de consommation mais je l'ai quand même trouvé un peu capillo-tracté dans le développement xD)

 

=> Pour un autre point de vue sur les Crocodiles : Martine Webzine

10 juillet 2011

La chasse au bonheur, Jean Giono.

 

Dès que les sens sont suffisamment aiguisés, ils trouvent partout ce qu'il faut pour découper les minces lamelles destinées au microscope du bonheur. Tout est de grande valeur : une foule, un visage, des visages, une démarche, un port de tête, des mains, une main, la solitude, un arbre, des arbres, une lumière, la nuit, des escaliers, des corridors, des bruits de pas, des rues désertes, des fleurs, un fleuve, des plaines, l'eau, le ciel, la terre, le feu, la mer, le battement d'un cœur, la pluie, le vent, le soleil, le chant du monde, le froid, le chaud, boire, manger, dormir, aimer. […] Car le bonheur ne rend pas mou et soumis, comme le croient les impuissants. Il est, au contraire, le constructeur de fortes charpentes, des bonnes révolutions, des progrès de l'âme.

 

Le bonheur est la liberté.

 

 

Jean Giono, La chasse au bonheur.

(Extrait issu de 1, 2, 3... bonheur ! Le bonheur en littérature)

21 mai 2011

Le monsieur de l'entretien de la station de métro.

De l'intérêt de regarder autour de soi.

 

Un truc qui me met super mal à l'aise, c'est de salir quelque chose qui vient juste d'être nettoyé. Exemple pratique, dans le métro : quand je vois "le/la technicien/nne de surface" - comme on dit, dans le langage absurdo-administratif - qui s'escrime à pousser sa machine dans tous les coins depuis je ne sais combien de temps, et puis moi, qui débarque comme une fleur et viens joyeusement saccager son heure de travail en dix secondes en laissant des traces de mes charmants petons sur le sol encore humide, j'aurais envie de disparaître pour passer inaperçu tellement j'ai honte. "Vous comprenez, j'ai envie de me justifier face à la personne concernée, il est tout à fait indispensable que je prenne le métro, parce que pendant que vous, vous restez là à vous épanouir dans un job fleurissant consistant à nettoyer derrière des inconnus qui ne vous jettent même pas un regard jusqu'à une heure tardive pour un salaire sûrement très gratifiant, moi, j'ai rendez-vous avec des amis dans un pub... Chacun ses préoccupations, que voulez-vous !" ... Ouais, bon, je sais que j'ai tendance à overculpabiliser mais quand même... Déjà que leur boulot est très probablement chiant et fatigant, voir en plus défiler des cons avec le nez vissé sur leur ipod qui marchent sur la zone où on a passé un quart d'heure et qui considèrent que c'est tout à fait normal parce que, après tout, vous êtes payés pour faire ce boulot et que vous êtes déjà bien chanceux d'avoir trouvé un job, (vous allez quand même pas demander le respect humain en prime, non ?), ça a des chances d'être un peu lassant...

Bref, tout ça pour dire que je suis toujours super gênée dans ce genre de situations et que je peux pas m'empêcher de marmonner un "pardon" en passant - même si, pour être honnête, des fois, les agents en question s'en fichent complètement... J'ai quand même une affection particulière pour le monsieur de l'entretien de la station de métro de Patte d'Oie. Faut dire que je l'y ai croisé de nombreuses fois. C'est un homme de petite taille, plutôt maigrichon, avec de gros yeux nerveux, un teint grisâtre et des cheveux très courts. Et quand je passe près de lui, des fois j'ai l'impression qu'il a la haine. La haine pour tous ces gens qui passent devant lui sans un merci, qui le considèrent comme faisant partie intégrante du décor et qui ne lui prêtent aucune attention parce que, après tout, qu'est-ce-que peut bien avoir d'intéressant à raconter un homme qui passe sa soirée à faire le ménage dans une salle carrée au gris savamment mis en valeur par une lumière blafarde ? Mais évidemment, ce serait difficile de faire remarquer qu'on est là, qu'on existe, et qu'on mériterait peut-être ne serait-ce qu'un coup d'oeil... Le contrat de travail pour être "technicien de surface" doit comprendre une clause de discrétion sous-entendue - parce que, après tout, même si l'expérience est obligatoire pour obtenir le poste, on se doute qu'on est facilement remplaçable ; donc, par temps de crise, mieux vaut fermer sa gueule... (Vous remarquerez au passage le terme employé, "technicien de surface", sensé réhausser un statut supposé dévalorisant à la base, et peut-être ainsi sensé vous doter d'un respect sur papier - à défaut d'un respect réel. Mieux que rien, vous me direz.)

Tout ça pour dire que j'ai pris l'habitude de saluer mon petit monsieur de l'entretien à chaque fois que je passe à côté de lui et que je croise son regard - lui, contrairement à d'autres (et je ne parle pas seulement des agents d'entretien), lève toujours la tête pour regarder la personne à côté de lui. Je me suis vite rendue compte que mon attitude lui faisait plaisir et qu'à chaque fois qu'il me voyait arriver, il s'attendait à ce que je lui dise bonjour - ce que je ne manquais pas de faire, profitant de l'occasion de faire un don aussi simple. Au fur et à mesure, c'est devenu de plus en plus naturel, de sorte que maintenant, on est super contents de se voir. En dehors de la taille gabarit Hobbit, je ne suis pas sûre qu'on partage grand-chose (et encore, qu'est-ce que j'en sais ?) : lui, en train de pousser sa machine dans son uniforme bleu-gris tristounet, et moi, la plupart du temps en jupette et t-shirt colorés, les écouteurs dans les oreilles. En tout cas, j'aime beaucoup notre disparité d'apparence totale qui n'empêche pourtant pas cette communion d'un instant, consistant à se sourire mutuellement. L'autre soir, j'ai eu l'impression que ça faisait vraiment longtemps que je ne l'avais pas vu, de sorte que j'ai presque eu l'impression de croiser un vieil ami - un peu plus je lui aurais demandé des nouvelles, oubliant sur le coup que je ne savais et n'avais jamais rien su du bonhomme ("Elle va bien ta femme ? ... heu, enfin j'veux dire... t'es marié au moins ?").

Je me souviens qu'une fois, alors qu'il nettoyait le quai même où j'attendais, il avait été obligé de contourner une fille pour pouvoir continuer à faire son travail. Les moments d'inattention ça arrive, mais vous n'allez pas me faire croire qu'on peut être à ce point absorbé par son téléphone qu'on ne capte même pas la présence d'une personne à trois centimètres de vous, qui attend que vous daigniez bouger, surtout quand la personne en question est assortie d'une machine grise, volumineuse et ronronnante... Il n'a pas osé interpeler la fille pour lui demander de bouger. Par contre, il m'a regardée comme s'il cherchait un témoin. Il n'y avait pas de méchanceté dans ses yeux, ni de colère, simplement de la résignation et, quelque part, un certain "plaisir" à voir que j'avais été là pour voir ça. Un peu comme s'il me disait : "Tu as vu ? J'ai droit à ça tous les soirs..." Peut-être que c'est moi qui m'imagine des trucs, mais dans tous les cas, ça m'a choquée, cette indifférence totale à son égard...

Une autre fois, je me sentais assez déprimée - et, quand je suis dans cet état-là, j'écraserais un insecte sans faire exprès, j'en pleurerais (tristement véridique) -, je me souviens l'avoir croisé une station de métro plus loin, en pleine journée, habillé en "civil". Il ne m'a pas vue - il avait les yeux baissés, pour une fois, et l'air plutôt préoccupé. Je me suis demandée combien de personnes auraient été capables de l'identifier comme celui qui passait toutes ses soirées à nettoyer leur station de métro, et combien de personnes se seraient au moins dit que son visage leur rappelait quelque chose... Ou bien s'il restait tout bonnement invisible à la plupart des gens, comme il semblait lui-même le penser. J'ai trouvé ça triste.

23 février 2011

De l'intérêt d'aller en cours (3).

La classe d'Histoire de la photographie


"Ici, l'envers de la maternité, parce que, comme vous le savez sûrement, se droguer à l'héroïne quand on est enceinte n'est pas recommandé."

Explication littéraire : A propos de l'exposition de Larry Clarke sur sa ville d'origine (Tulsa en Oklahoma), interdite aux moins de 18 ans par son contenu pour le moins choquant. Les photos mettent en effet en scène les rapports des jeunes à la drogue et aux armes à feu - sûrement au sexe, aussi, même si je m'en souviens plus. Je vous épargne les photos qui illustraient ce commentaire très neutre du prof...

 

"Féministe assez radicale puisqu'elle était pour l'élimination des éléments masculins."

Explication qui aurait pu être littéraire si j'avais noté de quelle photographe il s'agissait : Ce qui était assez énorme avec ce prof, outre l'overdose d'informations qui paraissaient toutes plus importantes les unes que les autres - surtout pour une étudiante perfectionniste qui trouve grosso modo tout intéressant - c'était ce ton monocorde qu'il gardait même dans ses répliques les plus ironiques.

 

 "Les tricophiles d'aujourd'hui sont en deuil !"

Explication plus ou moins littéraire : Là c'était un prof différent, nettement plus animé et complètement transcendant - sérieusement je l'aurais épousé juste pour l'écouter parler toute ma vie tellement c'était passionnant... Mais bref, je m'égare ! Le fait est que nous avons appris grâce à lui qu'il y avait un mot exprès pour désigner les hommes qui fantasment sur les cheveux longs => la tricophilie ! (c'est génial comme nom, non ?). Il est vrai que, étant donné la tendance actuelle consistant, pour les femmes, à porter les cheveux assez courts, on peut en effet comprendre que les tricophiles d'aujourd'hui soient nostalgiques des 70's...

 

"Cette image montre donc la mort de la tricophilie."

Explication littéraire : il s'agissait d'un tableau surréaliste qui présentait deux visions de la femme. Dans un premier temps, celle du début du siècle, conforme aux fantasmes des surréalistes, qui la voyaient comme une muse (bien passive, la muse) au corps sublimé - avec une référence aux statues féminines de l'Antiquité. (Paradoxalement, les surréalistes plaçaient généralement la femme sur un piédestal tout en exprimant de façon sous-entendue (ou pas, d'ailleurs) leur désir érotique - qui, le plus souvent, la désacralisent quelque peu. Les cheveux, en tant qu'emblème longtemps (voire encore) caché de la féminité se trouvaient donc sublimés par certains artistes "tricophiles".) L'image dont il était question dans le cours montrait donc d'un côté une sorte de statue de femme qui était engloutie dans des espèces de sables mouvants et de l'autre une femme aux cheveux courts, habillée à la garçonne qui regardait depuis la plage les derniers vestiges de la représentation de la femme d'avant 1945 sombrer.

 

"Va falloir regarder la télé un p'tit peu ! Vous êtes en L3 maintenant !"

Explication non littéraire : Le prof venait de faire allusion à Florent Pagny ("Non vous n'aurez pas... ma liberté de penser ♪") et parlait maintenant d'une émission télé (probablement). Belle phrase parodique des nombreux conseils des profs de fac qui vous recommandent grandement de combler très vite vos nombreuses lacunes en vous ruant sur les volumineux ouvrages conseillés dans la (souvent très longue) traditionnelle bibliographie distribuée en début de semestre...

 

"L'Art est une façon de se sauver de la folie."

Explication pas franchement littéraire : Réflexion personnelle du prof que j'ai trouvée pour le moins pertinente... :D (j'ose même pas imaginer à quoi ressembleraient certains artistes, genre Baudelaire, s'ils avaient pas été foutu d'écrire, par exemple xD)

 

"Elle a fini comment ?
- Par mourir."

Explication littéraire : On parlait à ce moment-là de Claude Cahun, une artiste surréaliste très originale - et très torturée, aussi - qui, à cause de traumatismes éprouvés durant son enfance, se considérait presque comme androgyne et avait beaucoup de mal à cerner sa propre identité. Son autobiographie, intitulée Aveux non avenus (1930), probablement très intéressante quoique troublante (puisqu'elle y parle d'anorexie, entre autres), comporte aussi des photos. Après la présentation de l'artiste, on était en effet en droit de se demander si elle avait fini par se pendre ou non xD.

 

17 septembre 2010

"Le petit théatre de la rue" - épisode 3

La vie réelle n'est pas aussi réaliste qu'on le croit.

 

Je ne peux que remarquer que ma casquette (bleue et à carreaux, baptisée Jenny) produit un effet bizarre sur les gens. Non seulement, elle attire leur attention mais en plus elle semble suffisamment remarquable pour inciter les gens à entamer une conversation avec moi. Les types/boulets qui tentent de me draguer dans la rue me complimentent souvent sur ma casquette ("Merci, à moi aussi elle me plaît :D" réponds-je niaisement, la plupart du temps). Il y a même des petits papis qui me lancent des "Jolie casquette !" quand je passe devant eux. A vrai dire, je trouve ça sympa, tant qu'aucun d'eux ne me colle après coup et que je peux m'en tirer avec un simple sourire.

Mais cet après-midi, c'est la première fois que j'ai droit à un compliment de la part d'unE inconnuE. J'étais juste sortie dix minutes – le temps d'aller poireauter à la poste – mais j'avais quand même mis ma casquette (ça devient une habitude. Voyez-vous, il y a des tas de bonnes raisons de porter une casquette... peut-être que je devrais faire un article là-dessus, tiens !). Ayant réussi à accomplir ma mission (envoyer des lettres, retirer un colis et acheter des timbres – ou comment rendre sa journée productive en dix minutes alors qu'on passe le reste du temps à glander), je sortis d'un pas guilleret. La poste se situe à quelques mètres à peine de chez moi et c'était la première fois que je sortais de mon appart' aujourd'hui mais ça ne m'a pas empêché de tomber sur quelqu'un de sympathiquement étrange.

Une madame d'au moins une quarantaine, voire une cinquantaine d'années, me voyant passer devant elle me dit alors avec enthousiasme : "Vous avez une très jolie casquette, mademoiselle ! Elle vous va très bien !" "Ah ! Et bien merci, moi aussi je l'aime bien." (j'avoue, c'est pratique une réplique toute faite, quand on vous adresse souvent les mêmes remarques absurdes xD). Aussitôt, elle me demande : "Vous habitez ici ?" en me désignant un immeuble pas très loin. Nageant un peu dans l'incompréhension de la fille brusquement tirée de son monde musical (les Shaking Heads, en bonne toulousaine), je lui réponds que non et lui montre où j'habite en précisant que c'est celui pile à côté de l'hôtel. Elle se fige alors pour me répondre d'un air amusé : "Je vois ! Madame loge à l'hôtel !" En repensant à l'état actuel de l'appartement, tel que je l'avais quitté il y avait dix minutes, je ne peux m'empêcher de rigoler – pour le coup, ma coloc' et moi ne sommes pas les icônes de la propreté. "Oh euh, non, non, j'habite simplement à côté.". La dame acquiesce et conclut : "En tout cas, j'aurais gagné un éclat de rire." "Ah ?" "Oui, le vôtre !" "Profitez-en, c'est gratuit" répondis-je en riant à nouveau – réplique très capitaliste, je l'avoue, mais j'étais prise de court. "Encore heureux que c'est gratuit !" s'indigna-t-elle à juste titre. Je réussis cependant à m'éclipser en précisant qu'en effet, heureusement la bonne humeur n'avait pas de prix.

Si je me serais doutée que cette casquette m'apporterait autant d'aventures extraordinaires... !

4 octobre 2013

Roger Grenier

 

 

"Le droit de se contredire, c’est aider chaque homme à accepter d’être comme il est, déchiré entre plusieurs pulsions, les unes conscientes, les autres souterraines. Il faudrait lui apprendre, alors qu’il est le jouet de ces déterminismes divers, à se servir de leur multiplicité pour y trouver au moins le sentiment d’être libre." 

 

Roger Grenier, Le palais des livres.

 

 

16 mars 2011

Possession, A. S. Byatt

 

 

"I want to live and love and write. Is this too much?"

 

Possession, A. S. Byatt



Soit un livre mastoc de 500 pages au programme de ma licence d'anglais, intéressant pour ses idées sur le monde et la littérature, vaguement désespérant par son épaisseur (surtout quand on est super à la bourre dans ses lectures pour les autres matières) et complètement écoeurant une fois qu'on l'étudie par la maîtrise totale des références intertextuelles et des différents genres utilisés dans le bouquin, à savoir journal intime, poésie, épistolaire, conte, parodie d'articles universitaires ou de biographie... ah, et narration romanesque, bien sûr. Le tout soupoudré de connaissances historiques, artistiques et scientifiques évidemment on ne peut plus exactes et vérifées étant donné qu'une partie de l'intrigue se déroule à l'ère victorienne. Les gens géniaux, ça peut être stimulant, mais c'est parfois un peu écrasant aussi, vous trouvez pas ? xD

23 décembre 2010

Phrases en tête...

 

 

"C'est toujours la même histoire. Un garçon rencontre une fille, le garçon perd la fille. La fille rencontre un garçon, le garçon oublie la fille, le garçon se souvient de la fille, la fille meurt dans un tragique accident de dirigeable."

 


 

Une phrase qui me revient souvent en tête en ce moment (surtout à cause du début, la suite vient toute seule xD), apparemment tiré d'un film - Y'a-t-il un flic pour sauver la reine ? - mais je vous avouerai que je la connais d'un des bouquins de la série des Quatre filles et un jean d'Ann Brashares - une série de livres que je relis toujours si j'ai besoin de me remonter le moral - qui cale toujours des citations marrantes avant chaque début de chapitre. Soit dit en passant, ces bouquins valent vraiment le coup qu'on dépasse leur niaiserie apparente parce qu'ils sont super édifiants, pour des histoires d'ados.

4 novembre 2010

Hercule

 

 

"C'est trop banal d'être sentimentale."

Walt Disney, Hercule.



Mon deuxième Disney préféré, après Mulan. J'adore aussi bien l'humour vaguement délirant, l'interprétation Disney de la mythologie grecque (quand on connaît les frasques des dieux grecs, et notamment Zeus... haha ! xD), le graphisme très particulier que les chansons. Je crois d'ailleurs que je les connais plus ou moins par coeur ! Elles foutent trop la patate :D ! Mais quand même, je dois avouer que j'ai un gros faible pour le personnage de Megara... pour une fois qu'une héroïne Disney n'est pas niaise (au contraire d'Hercule, d'ailleurs) !

 

Cette phrase (dans laquelle je me reconnais bien, j'en ai peur) est tirée de la meilleure chanson du meilleur passage du film (ceci dit en toute objectivité, encore une fois) :

 

31 octobre 2010

Aphorismes de poche

 

 

On croit que s'ancrer dans une routine est rassurant car de là naît l'illusion d'une éternité. Mais voir les choses telles qu'elles sont, c'est-à-dire éphémères, nous rapproche de la réalité et nous permet d'avoir du recul par rapport au quotidien, ses problèmes mineurs qui prennent trop d'ampleur, et d'envisager la vie dans sa globalité et donc dans toute sa richesse.

 

(31/10)

27 octobre 2012

Maylis de Kerangal.

 

 

"Il est assailli par un paquet de sensations contradictoires, repense à l'exaltation fugitive qui l'a traversé sur le plongeoir précédent, ce transport violent avec élancement du torse : se mettre en danger sans même y penser, ne voir dans toute prise de risque que la promesse d'une intensité nouvelle, vivre plus fort, rien d'autre."

 

 

Maylis de Kerangal, Corniche Kennedy.

 

 

16 juillet 2010

"Always Love" - Nada Surf cover by Pluggytation

Session d'enregistrement avec mon groupe amateur ("Pluggytation")... le résultat est là :D !

 

(c'est trop bizarre de s'entendre chanter xD surtout que ma voix est quand même pas au top, là... si je me souviens bien, j'avais des vagues problèmes de gorge - suite au concert de Muse au Stade de France xD)

(et désolée pour la faute, tout le générique étant en anglais, il est un peu ridicule que j'ai zappé d'enlever le "e" à "bass" :O)

 

Reprise de Nada Surf (groupe génial) :

 

16 novembre 2010

Paul & Virginie

 

 

"A leurs regards qui cherchaient à se rencontrer, à leurs sourires rendus par de plus doux sourires, on les eût pris pour ces enfants du ciel, pour ces esprits bienheureux, dont la nature est de s'aimer, et qui n'ont pas besoin de rendre le sentiment par des pensées, et l'amitié par des paroles."


Bernardin de Saint-Pierre, Paul & Virginie

 

 

(et ben y'en a qui ont de la chance...)

21 août 2011

""Nostalgique du Cool""

 

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minimo13

Dessiné le 8/7/2011.

 

"Nostalgic du Cool", -M-, Le baptême.

 

"On grandit bien trop vite

Sur cette planète plastique

Où la vie sonne pratique... ♫"

30 novembre 2011

You know you're in England when...

 

 

You know you're in England when...

 

 

 

You're being offered a cup of tea* at the hairdresser's.


 

*with milk and sugar, obviously.

 

 

 

 

Et à défaut d'avoir une photo de mes grands yeux émerveillés au moment où la coiffeuse m'a posé la question,

je mets une typical photo :

 

P1010040

 

                                                                                                                           Bath.

14 juin 2013

"Real life poetry"

 

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Real life poetry

 

Dessiné le 26/12/2012.

 

31 mai 2010

"Quand le mythe devient réalité"

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minimo002

 

Dessiné le 18/10/2009.

6 octobre 2010

"Impitoyable jungle"

 

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Minimo011

Dessiné le 2/10/2010.

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