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Les Errances Enjouées de Neus Amaëlle
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Les Errances Enjouées de Neus Amaëlle
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Les Errances Enjouées de Neus Amaëlle
  • Les fantaisies d'une petite littéraire bien entourée, en quête de sérénité dans un monde joyeusement chaotique, qui aime écrire, s'intéresse à plein de trucs & trouve que la vie, même si c'est un peu n'importe quoi, c'est drôlement chouette, quand même.
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26 décembre 2012

"Yule log power"

 (Pour voir (beaucoup) beaucoup mieux, faire un clic droit sur l'image puis "ouvrir dans un nouvel onglet".)

(For a (far) better image, make a right click and open in a new window.)

 

minimo noël 002

 

Dessiné le 26/12/2012.

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Please please please get this song out of my head:

 

And please please please let me get what I want (:D)

"Please, please, please let me get what I want", Muse (The Smiths cover)

 

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15 janvier 2011

Les Noces Rebelles, Richard Yates

 

J'ai découvert Revolutionary Road (ou Les Noces Rebelles en français, mais j'avoue ne pas beaucoup aimer la traduction, un peu fade à mon goût...) via l'adaptation cinématographique récente de Sam Mendès, avec Kate Winslet et Leonardo Dicaprio. Comme American Beauty (un de mes films préférés, aussi dirigé par Sam Mendès, qui est, pour la petite histoire, aussi l'ex mari de Kate Winslet - qui se trouve également être mon actrice favorite... mais bon, on s'en fiche total !), ce film aborde l'envers du rêve américain. Je le vois un peu comme le pendant tragique d'American Beauty, qui, lui, rajoute pas mal d'humour à la critique. Ici, l'ambiance est assez tendue - d'ailleurs, la première fois que je l'ai vu au ciné avec ma coloc', on avait été vaguement perturbées xD - d'autant plus que les acteurs sont vraiment très très bons, ce qui rajoute énormément d'intensité au scénario. Le film m'avait beaucoup plu, on sentait qu'il y avait une véritable réflexion sur les vies bien rangées des banlieues américaines dans l'œuvre d'origine, ce qui m'a donné envie de lire le bouquin de Yates.

L'histoire raconte, en gros, l'histoire d'un couple (qui se voudrait) pas comme les autres, April et Frank Wheeler, dans les années 50, leurs espoirs, leurs rêves et leurs désillusions - le bouquin a été publié en 61, je précise. Ce qu'apporte le livre par rapport au roman, ce sont les flash-backs qui étoffent les divers personnages de l'histoire. Le film a bien sûr zappé des scènes et des développements qui n'étaient pas indispensables à la compréhension de l'intrigue, mais reste vraiment une super adaptation, très fidèle - et pourtant, je suis vraiment chiante concernant les adaptations de livres à l'écran, j'ai toujours tendance à préférer le bouquin - qui prouve que l'histoire a été manifestement bien comprise des acteurs comme du réalisateur (non pas que je prétende avoir tout compris moi-même au bouquin comme au film, hein xD). Juste pour l'info, c'est apparemment Kate Winslet qui a insisté pour la réalisation de ce film et pour avoir Dicaprio comme partenaire, parce qu'elle avait énormément apprécié le bouquin.

Dernière remarque : pour les amateurs de VO, il est vraiment abordable dans la langue originale et donne un super aperçu de l'Américain et de ses tournures parlées, d'où une une grande puissance des dialogues et monologues intérieurs.

revolutionary_road

Le passage que j'ai choisi de retaper ici est tiré du 3e chapitre de la troisième partie et se révèle tout particulièrement intéressant dans le sens où c'est la première fois que l'auteur dévoile les pensées de son héroïne, April Wheeler. Jusque là, le regard était surtout masculin, notamment via le personnage de Frank.

April et Frank sont sortis dans un bar dansant avec un couple d'amis, les Campbells. April reste silencieuse pendant que les autres s'amusent. Frank finit par raccompagner Milly, nauséeuse, chez elle, pendant que Shep et April restent au bar en attendant que la voiture de Shep, coincée par d'autres voitures garées de part et d'autre de la sienne, soit libérée. Ah, oui, et aussi, Shep est secrètement amoureux d'April xD.

PS : désolée si mes tournures de phrases sont un peu pompeuses dans cet "article", période de partiels oblige, j'ai pris le pli du blabla élaboré :D

 

Her voice wasn't flat any more. “I still felt – I don't know.”

“You still felt that life was passing you by?”

“Sort of. I still had this idea that there was a whole world of marvellous golden people somewhere, as far ahead of me as the seniors at Rye when I was in sixth grade; people who knew everything instinctively, who made their lives work out the way they wanted without even trying, who never had to make the best of a bad job because it never occurred to them to do anything less than perfectly the first time. Sort of heroic super-people, all of them beautiful and witty and calm and kind, and I always imagined that when I did find them I'd suddenly know that I belonged among them, that I was one of them, that I'd been meant to be one of them all along, and everything in the meantime had been a mistake; and they'd know it too. I'd be like the ugly duckling among the swans.”

Shep was looking steadily at her profile, hoping the silent force of his love would move her to turn and face him. “I think I know that feeling”, he said.

“I doubt it.” She didn't look at him, and the little lines had appeared again around her mouth. “At least I hope you don't, for your sake. It's a thing I wouldn't wish on anybody. It's the most stupid, ruinous kind of self-deception there is, and it gets you into nothing but trouble.”

He let all the air out of his lungs and subsided against the back of the seat. She didn't really want to talk; not to him anyway. All she wanted was to sound off, to make herself feel better by playing at being wistful and jaded, and she had elected him as her audience. He wasn't expected to participate in this discussion, and he certainly wasn't to go getting any ideas; his role was to be big, dumb, steady old Shep until the car was free, or until she'd gotten all the gratification there was to be had from the sound of her own voice. Then he'd drive her home and she'd make a few more worldly-wise pronouncements on the way; she might even lean over and give him a sisterly peck on the cheek before she slithered out of the car and slammed the door and went inside to get into bed with Frank Wheeler. And what the hell else did he expect? When the hell was he ever going to grow up?


24 décembre 2010

10 bonnes raisons de porter une casquette bleue à carreaux.

Dix Bonnes Raisons

de porter une casquette bleue à carreaux

(pas vraiment de saison, me direz-vous, mais tant pis !)

 

Outre l'esthétique (je présuppose (peut-être à tort !) que si vous achetez une casquette, c'est qu'elle vous plaît un minimum... à moins que ce ne soit un cadeau désastreux de la part d'une arrière-arrière-arrière-grand-tante éloignée dont les goûts en matière de choix vestimentaires diffèrent des vôtres – ce qui est tout à votre honneur !), la casquette possède un indéniable côté pratique (qui, exploité au maximum, a de fortes chances de vous surprendre !). Vous ne vous en doutiez peut-être pas mais une casquette est en réalité multi-fonction !

Elle peut en effet servir à merveille de :

 

1 – Pare-soleil

Note : une paire de lunettes de soleil n'est cependant pas négligeable dans certaines situations.

 

2 – Parapluie

Note : là aussi, un vrai parapluie n'est parfois pas du luxe - cf cet autre article rédigé par mes soins. 

 

3 – Paravent (voir aussi raisons n°5 et 6)

 

4 – Masque de sieste. Explications : en abaissant la visière sur vos yeux, vous pouvez ainsi vous plonger dans le noir et dormir n'importe où. Dans le train, dans les parcs (testés et approuvés), voire même en cours (vous me direz les résultats ! J'avoue me la jouer davantage gentlewoman que bad girl, c'est-à-dire que j'enlève systématiquement mon couvre-chef avant de rentrer dans un bâtiment – et a fortiori une salle de cours … mais je fais pas la révérence au prof (quand même)).

Note : un rabattement partiel peut également servir d'œillères à l'occasion – utile si vous cherchez à éviter quelqu'un ou si un inconnu peu ragoûtant vous toise comme un morceau de viande ou si, plus trivialement, vous essayez de résister à l'appel des pâtisseries désireuses de quitter leur vitrine devant une boulangerie.

 

5 – Anti-peigne déculpabilisant. Explications : quand on a l'habitude de porter un chapeau, on ne tarde pas à renoncer à se coiffer (« pas la peine d'y passer trois plombes, je vais mettre ma casquette dans deux minutes... »).

Note : pour peu que votre couvre-chef soit classe (ou pas), cela ne vous empêche pas d'avoir le style (ou pas) – d'autant que l'effet « je retire mon chapeau en ébouriffant mes cheveux de façon sauvage MAIS naturelle genre "pardon qu'est-ce que tu disais ?" » peut également rajouter un plus à votre charme déjà éblouissant en temps normal (ou pas).

 

6 – Gel fixant naturel (garanti sans aucun produit chimique !). Car, oui ! avec une casquette vissée sur le crâne, nulle crainte d'avoir les cheveux dans les yeux et/ou d'être complètement décoiffé(e) surtout si, comme moi, l'effet pluie + vent a un effet redoutable sur votre (non)coiffure habituelle (cf raison n°5 = vous ne vous coiffez pas vraiment – et inventez tout un baratin prétextant que c'est vachement étudié, en fait).

 

7 – Phare rapatriant les navires égarés. Explications : pour peu qu'elle soit facilement repérable, vos amis béniront en effet votre casquette qui permet ainsi votre identification en un laps de temps record (surtout si vous ou vos amis arrivez souvent en retard et/ou qu'ils ont un problème de portable tel que panne de batterie, oubli du dit portable, plus de forfait, vibreur tellement discret qu'on ne le sent pas et qu'on ne répond donc pas, etc).

Note : un autre accessoire (un sac jaune fluo, des collants colorés ou un pull flashy, à tout hasard) peut également aider à vous repérer/reconnaître plus rapidement.

 

Ce qui nous fait une belle transition vers les raisons sociales qui pourraient vous pousser à acquérir une casquette (même en plein hiver, pourquoi pas) : moins évidentes que les arguments bassement pragmatiques (quoique déjà amplement convaincants, à mon sens) avancés ci-dessus, elles n'en sont pas moins importantes et réelles ! Croyez-le ou pas, mais une casquette peut révolutionner votre vie sociale, voire votre vie tout court ! (car de quoi est faite la vie sinon de rencontres plus ou moins décisives ?)

 

Explications :

8 – Pour peu que votre casquette soit un tant soit peu originale, elle peut produire des effets inattendus chez les gens (cf certaines de mes « rencontres improbables », carrément déclenchées par la présence de Jenny (ma casquette)).

Note : un bonnet (accessoire déjà plus hivernal, j'en conviens) peut aussi très bien faire l'affaire. En témoignera cette anecdote mémorable où un inconnu vaguement imbibé sur les bords, intrigué par mon bonnet multicolore, tenta de s'en emparer avec un gloussement émerveillé mais qui, étonné de ma protestation puérile peu convaincante (qui consista simplement à laisser échapper un « maiiiiiiis... » contrarié), nous plongea, ma cousine et moi-même dans un fou-rire de dix minutes par son propre rire convulsif. (Je soupçonne d'ailleurs ce bonnet de posséder une capacité remarquable à apaiser les tensions et à éloigner les énergies négatives... mais c'est une autre histoire xD)

 

9 – Une casquette sera prétexte à de nombreux moments de pure et délicieuse convivialité avec vos proches (ou même l'occasion de développer des liens plus conséquents avec vos connaissances) ! Elle est en effet l'accessoire type de la classique et hilarante blague « qui c'est qui a éteint la lumière ?! » (aussi connue sous le nom de « devine qui ?! ») ou sa variante (non moins hilarante) « devine qui c'est qui t'a volé ta casquette ?! » et donc de développer par-là votre sociabilité et vos liens relationnels – voire votre patience.

 

10 – Et enfin, la casquette peut éventuellement être votre « wingthing » (comme pourrait le dire Mister Stinson), soit votre auxiliaire plan-drague favori ! Imaginez un peu... la technique du mouchoir laissé tombé par inadvertance par une blanche main dans un geste délicat transposé au XXIe siècle... (Risqué si personne ne vous la ramasse, et pas forcément efficace si le gus est aveugle et/ou complètement indifférent, ou s'il n'en profite pas pour autant pour vous taper la causette (« Alors comme ça, on porte une casquette bleue et à carreaux ? Je serais vous, je l'appellerais Jenny. »))

Conseil : choisissez bien le moment. Tenter le coup à un moment critique genre la sortie de métro où tout le monde est relativement pressé n'est pas une bonne idée.

Conseil 2 : une autre possibilité, peut-être moins risquée (surtout si on n'a tout bêtement pas suffisamment fouillé dans son capharnaüm portatif (= sac à main rempli de trucs bien évidemment tout à fait indispensables) et que la dite casquette s'y trouve bien au chaud depuis le début) : le coup de la fille éplorée qui cherche sa casquette tragiquement disparue. « Vous n'auriez pas vu une casquette  ? J'y tiens beaucoup... »

Note : un bonnet ou une écharpe ajoute un côté touchant supplémentaire, surtout si il/elle a été tricoté(e) par un(e) de vos proches (à tout hasard encore une fois, votre sœur ou votre colocataire, par exemple) – parce qu'il faut bien avouer que préciser à propos de votre casquette « vous comprenez, elle est unique, c'est un petit asiatique qui l'a fabriquée dans des conditions dignes d'un crime contre l'humanité... », même en faisant le coup des grands yeux humides type le Chat Potté, ça passe moins bien que « c'est ma meilleure amie/ma grande sœur qui me l'a tricoté(e) avec amour pour Noël/mon anniversaire... ».

 

=> Pour résumer :

Si je devais faire un article de publicité comme dans les Sims (je sais, mes références culturelles sont tout simplement renversantes), je dirais :

 

TartanCapBlue

 

+ esthétique

+ pratique

+ sommeil

+ originalité

+ visibilité

+ sociabilité

+ créativité (pour l'impro face aux situations improbables auxquelles vous pouvez être confronté grâce à votre casquette )

+ charisme (cf supra) 

+ séduction

 

NB : Je suppose que les raisons ci-dessus s'avèrent être également valables pour une casquette qui n'est pas bleue et à carreaux (une rouge à carreaux, par exemple, pourrait tout aussi bien faire l'affaire. Voire même une violette à pois. Ou même une verte à rayures, si vous y tenez. Une casquette de sport toute bête, aussi. Bref, une casquette , quoi.) mais je ne vous garantis rien, étant donné que ma Jenny est, elle, bleue et à carreaux.

6 septembre 2011

Qu'ils s'en aillent tous ! Vite, la révolution citoyenne !, Jean-Luc Mélenchon

 

"J'ai écrit ces lignes avec un autre objectif. Celui de faire partager un optimisme et un enthousiasme. Et répandre l'envie d'agir plutôt que d'ergoter. Je vois tant de mines s'allonger, tant de résignation, tant d'amertume et de préventions remâchées.

Il faut tourner la page. Le naufrage du nouvel âge du capitalisme et son radical aveuglement devant le saccage mortel de notre éco-système nous y obligent. Il est une formidable invitation à l'action et à l'imagination pour sortir la civilisation humaine de l'impasse."

 

 

jlm

28 mai 2011

Chronique : Pulp

Pulp au Bikini le 25 mai 2011

 

pulp005

Lien vers la chronique sur Mygmusique => ici

 

Lorsque le Bikini a annoncé sur sa page facebook une date prévue pour le célèbre groupe emblématique des années 90 le 1e avril 2011, beaucoup ont cru au canular. Et pourtant, c'est bien le groupe au complet qui se présente sur la meilleure scène toulousaine en cette chaude soirée pré-estivale.

Une date unique en France qui fait office de répétition générale pour Jarvis Cocker et sa bande avant qu'ils n'entament leur tournée à Barcelone... Pas de première partie pour Pulp qui n'a plus besoin d'introduction ! La salle n'est pas comble, mais on sent que les gens amassés devant la scène – spacieuse et aérée, taille XXL pour un groupe qui le vaut bien – sont des fans de la première heure qui, pour la plupart, ont écouté les bons mots de Jarvis Cocker pendant leur adolescence. Le leader phénomène saura de toute façon convaincre ceux qui n'étaient pas conquis d'avance : grand dadais, style universitaire British, lunettes carrées, chemise, veste, pantalon et talonnettes, Jarvis n'a rien perdu de son énergie et représente un quasi one-man show à lui tout seul. Les autres membres du groupe, en retrait et efficaces, affichent un sourire bienveillant devant un spectacle auquel ils semblent s'être habitués mais qu'ils continuent d'observer avec amusement. Ils savent Jarvis être le centre de l'attention et semblent l'accepter avec bonne humeur. Il serait de toute façon impossible d'être insensible aux diverses allées et venues du leader sur scène, à ses sauts et à ses déhanchements suggestifs de pantin désarticulé qui, s'ils n'étaient exécutés par Jarvis Cocker, auraient de bonnes chances de paraître totalement ridicules.

Son aisance est remarquable, il rebondit avec spontanéité sur chaque micro-événement (même un portable qui fait résonner un bip-bip caractéristique de l'arrivée d'un message) et glisse des plaisanteries pince sans-rire avec la classe à l'anglo-saxonne qui le caractérise. A en croire ses nombreuses interpellations, le public toulousain semble le mettre particulièrement en confiance ; il semble d'ailleurs en garder un souvenir ému depuis la dernière fois qu'il l'a vu – il y a 17 ans, comme il le précisera d'entrée de jeu : "Vous n'avez pas changé, well done!" et ce, malgré le fait qu'il y ait eu "beaucoup de merde dans le monde entier", constate-t-il, en bon francophile. Pour nous faire honneur, il commandera à plusieurs reprises un verre de vin qu'il finira même par faire circuler dans les premiers rangs, par amour du "partage". Pas de doute, Jarvis sait se faire aimer de son public – il a d'ailleurs commencé le concert par une distribution de mini Mars.

Certes, personne ne se lasse de ce spectacle ambulant, mais c'est évidemment la musique qui rassemble davantage que le personnage : les fans réagissent au quart de tour dès les premières notes des grands hits. "Do you remember the first time?", qui ouvre le set, est une vraie tuerie : les gens sautent d'entrée de jeu et hurlent les paroles avec délices – dès les premières minutes je me retrouve ainsi gracieusement aspergée de bière par mon aimable voisin de derrière, ce qui, je le conçois, se révèle néanmoins être, d'une façon générale, les prémices d'un concert prometteur. Ce seront surtout les classiques His'n'Hers et Different Class qui seront mis à l'honneur ce soir. Suit en effet "Pink Glove", à l'envolée disco jouissive, enchaînée sur la délicieuse "Pencil skirt". "Something Changed" marque une petite pause plus tranquille, histoire de prendre des forces pour "Disco 2000" qui, là aussi, stimule les foules. "This is hardcore", avec son puissant refrain, fait une apparition attendue entre les titres des deux albums phares, ouvrant la voie pour une ambiance plus apaisée avec "Sunrise" pour laquelle Jarvis reprend sa guitare acoustique... avant qu'il ne décide de rompre le calme déjà précaire par des coups sonores donnés sur divers tambours géants – au centre et à la droite de la scène. Bien sûr, c'est l'incontournable "Common People" qui clotûre la première partie.

Car oui, le concert durera en tout près de deux heures et ne présentera que de rares répits. Jarvis paraît infatigable, ce qui obligera un des techniciens du Bikini de courir après lui pendant trois bons quarts d'heure de plus afin d'empêcher que le fil de son micro ne se coince quelque part. Même le public semble plus fatigué que le chanteur, qui, pourtant, ne cesse de parcourir les devants de la scène et va jusqu'à grimper sur des amplis pour atteindre un clavier placé en hauteur sur la droite. Pour notre défense, il faut dire que la seconde partie du concert se révèlera nettement plus électro et planante – ce qui permettra à Jarvis d'expérimenter de nouvelles chorégraphies approximatives – mais peut-être moins excitante que la première pour le public, même si on retrouve quelques perles telles que "Acrylic Afternoons" ou "Mis-shapes", qui fera office de superbe final.

Bilan du concert ? Un spectacle saisissant d'un artiste charismatique en grande forme, proche de son public, dont les textes sensibles et pertinents peuvent être appréciés à leur juste valeur à travers une musique transmise par des musiciens de talent et empreinte d'une bonne énergie disco électro pop, qui n'est pas sans raviver une certaine nostalgie des 90's. Vous l'aurez compris, donc : la nouvelle tournée de Pulp est une occasion à ne pas rater !

 

"Babies", Pulp, His'n'Hers

(avec un bel exemple de choré Cockerienne :D)

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"Something Changed", Pulp, Different Class

(Une de mes préférées :D)

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"Common People", Pulp, Different Class.

(j'adore son air gentiment illuminé dans ce clip xD)

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"This is Hardcore", Pulp, This is Hardcore

(beaucoup plus sombre et d'autant plus poignante)

 

Et la setlist ici !

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19 avril 2011

Chronique : Ghinzu + My Little Cheap Dictaphone

Ghinzu (+ My Little Cheap Dictaphone + The Rusty Bells) au Bikini le 13 avril 2011


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Lien vers la chronique sur Mygmusique -> ici

 

Pour une première édition, le Festival Electric Artyland démarre fort ! Une belle programmation placée sous le signe du rock belge avec une date spéciale (hors tournée) de Ghinzu au Bikini pour sa semaine d'ouverture.

C'est le groupe toulousain The Rusty Bells qui ouvre le show. Les membres du trio se présentent en habitués sur la meilleure scène de Toulouse et investissent les lieux avec détermination – en témoigne le T-shirt de la bassiste proclamant « We want your mind ». Il faut dire que le public semble être composé de connaissances et/ou connaisseurs, d'où une ambiance sympathique, ponctuée de diverses interpellations amicales entre deux titres garage rock. On appréciera la présence inattendue d'un harmonica (sur « My Steel Brother ») parmi les accompagnements plus psyché au clavier. Le groupe reviendra d'ailleurs pour un rappel réclamé de « Stalker guy ».

La salle est déjà nettement plus remplie lorsque c'est au tour de My Little Cheap Dictaphone (dit MLCD) d'entrer en scène. Le groupe constitue d'une part un très bon prélude à Ghinzu – on retrouve le même genre d'accompagnement piano, la même ambiance planante et électrique... – ; de plus, le quatuor liégeois rentrait parfaitement dans la thématique du festival, qui est de traiter les relations entre le rock et d'autres formes d'expressions artistiques, l'audiovisuel en l'occurrence. On diffuse en effet derrière le groupe un vidéo clip pour illustrer chaque chanson, le tout formant une sorte d'opéra rock qui raconte la montée en gloire d'un musicien génial mais torturé (apparemment inspiré de la vie du Beach Boy Brian Wilson) suivie de sa descente aux enfers. La mise en scène est ainsi soigneusement étudiée : non seulement les cinq musiciens sont habillés dans le même style 50's (même le micro rappelle les 30 glorieuses !) que les personnages de leurs clips (costard noir et blanc, chaussures vernies, et un chapeau en ce qui concerne le charismatique et touchant leader Redboy) mais en plus leurs silhouettes se détachent sur l'écran de projection pour un superbe effet de mise en abyme.

L'atmosphère est posée dès les premières (très bonnes) chansons « Piano Waltz » et « He's not there ». La setlist n'est pas une surprise pour les initiés puisque l'intégralité du dernier album, The Tragic Tale of a Genius, sera jouée ce soir – pour le plus grand plaisir des yeux et des oreilles. La plus connue, « What are you waiting for? » et son clip percutant en ombres chinoises achève d'échauffer ceux qui sont les plus lents à se plonger dans l'ambiance si particulière du monde onirico-psychédélique de MLCD. D'abord assez sages, les membres du groupe, portés par un public plus que réceptif, finissent par se laisser gagner par la force de leur récit et de leurs envolées musicales, de sorte que Redboy ira jusqu'à s'asseoir au bord de la scène, avant de traverser carrément la foule en son milieu sur la chanson titre – dont l'ambiance cabaret fou, bien qu'inquiétante, n'en est pas moins irrésistible. On note toutefois quelques pauses plus calmes qui mettent en valeur les parties au violon (« My Holy Grail » notamment). Aucun doute, à la fin de leur set, My Little Cheap Dictaphone en ont conquis plus d'un !

On n'oublie toutefois pas qu'il s'agit principalement de fans de Ghinzu qui se sont assemblés là, et malgré la très bonne prestance de MLCD, l'impatience commence à se faire sentir. Les sifflets enjoués se calment très vite pour que l'intro électro de « Mother Allegra » puisse prendre toute son ampleur. Le groupe enchaîne sans tarder sur un bon choix de chansons du dernier album : « Mirror Mirror » fait très vite monter l'ambiance et fait se déchaîner toute la fosse, qui n'attendait qu'un signal du brûlant leader John Stargasm pour se démener. Il suffit de « Dream Maker », puis de l'envoûtante et cynique « Cold Love » pour qu'on ait déjà l'impression d'en être au rappel tant tout le monde semble être pris d'une véritable frénésie – certains, dans l'enthousiasme, se risqueront même à un dangereux slam. Après « Take it Easy », plus pop, on assiste à un brusque retour en arrière pour le moins inattendu avec « Dragon », issue du premier album, très peu exploité en live, et dont les puissants riffs de basse et le chant style rap produisent un effet ravageur sur le public, qui ondule au rythme saccadé de la chanson, encouragé par les grimaces expressives du bassiste Mika Nagazaki. Enfin une pause bien méritée (mais de courte durée !) avec la première chanson tirée de Blow, la très attendue « Dragster-wave », qui porte bien son nom puisque, débutant calmement avec des paroles murmurées sur des arpèges au piano, elle finit par happer le fan dans une vague délicieuse qui monte crescendo jusqu'à l'explosion finale. Pas de pitié pour le public, à qui l'on a déjà (inutilement) ordonné de sauter à plusieurs reprises – Stargasm ne se privant pas lui-même de grimper sur son clavier ou de se déhancher de façon très personnelle – puisqu'on ne tarde pas à enchaîner sur le tube « Do you read me? », nécessitant une bonne réserve d'énergie. En bonus dans la setlist : « Chocolate » un titre ne figurant sur aucun album (en revanche utilisée pour une pub Eastpak) et qui, en live, produit un effet étrange vous forçant à répéter avec une exaltation incompréhensible des paroles absurdes – quoique suggestives. D'ailleurs, il faillit ne pas être joué puisque Stargasm se demandera pendant un instant s'il n'a pas « cassé l'piano », piano qu'il troque pour se coller à la basse sur la chanson suivante (« Mine »).

En rappel, la traditionnelle « Blow » qui joue bien son rôle de crescendo final dévastateur avant de laisser la transcendante « Kill the Surfer » achever tout le monde. C'est une véritable folie sur scène : John reçoit un drapeau de la Belgique qu'il arbore tant bien que mal à la César ; Mika frôle la crampe à la mâchoire tant il grimace depuis son clavier ; quant à Greg, le guitariste très perché (déjà désigné comme adepte des « trucs bizarres » sur les albums), au look très space (il arbore en effet un ensemble caleçon long et T-shirt moulants vaguement satinés, tachés de rose et bleu façon 70's), il est carrément par terre et se retrouve emmêlé dans les fils du micro de Stargasm qui s'amuse à l'enjamber – je ne parle même pas de l'état du public, les mouvements de foule étant à leur comble depuis la troisième chanson. La sortie du dit Greg clôturera d'ailleurs magistralement le concert puisqu'il prendra soin de mettre tous les boutons de volume à fond avant de quitter la scène en « battant des ailes »... En guise de conclusion, je ferais tout aussi bien de reprendre les mots de Stargasm lui-même : « Tout est bon dans cette soirée. »

 

Vous l'aurez peut-être compris, c'est pour ce festival (Electric Artyland) que je suis bénévole... ^^

(mais non je ne fais pas la pub en passant, voyons)

 

"Stalker Guy", The Rusty Bells.

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"What are you waiting for?", My Little Cheap Dictaphone, The Tragic Tale of a Genius.

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"He's not there", My Little Cheap Dictaphone, The Tragic Tale of a Genius.

(Live au Bikini ! Comme ça on voit un peu mieux de quoi je parle ^^)

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"Do You Read Me?", Ghinzu, Blow.

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"Cold Love", Ghinzu, Mirror Mirror.

Clip très "hasardeux", comme dirait le Cube. Entre le très dérangeant et l'hilarant xD.

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"Chocolate", Zed & the Party Belt.

(ça doit être un p'tit jeu de la part de John Stargasm de ne pas signer ça sous le nom de Ghinzu, puisqu'il est aussi publicitaire, si j'ai bien compris... !)

(roh et puis ce clip, plus auto-dérisoire, tu meurs... (enfin, du moins j'espère que c'est de l'auto-dérision xD))

 

22 janvier 2011

Les cinq personnes que j'ai rencontrées là-haut, Mitch Albom.

Un roman que j'ai lu il y a déjà quelques années et qui m'est revenu à l'esprit récemment. Il est assez court, peut-être un peu simpliste aussi, mais au moins il va à l'essentiel au niveau du "message" (émouvant) qu'il veut faire passer.

C'est l'histoire d'un vieil homme, Eddie, qui meurt (dit comme ça c'est assez cru, mais je ne vois pas comment le dire autrement xD) et qui, une fois au paradis, rencontre cinq personnes. Celles-ci ont soit influé sur sa vie de façon directe ou indirecte, soit ont vu leur propre existence être altérée par celle d'Eddie. On s'en doute, ces cinq personnes ont pour mission de lui apprendre certaines leçons sur la vie et la sienne en particulier, ce qui lui permettra au final de reposer en paix. Au programme : la vérité, la compréhension, le pardon, l'amour et tout plein de bonnes choses du même genre ! Il faut préciser qu'Eddie pense avoir raté sa vie, coincé après son service militaire dans le même job ennuyeux qu'exerçait autrefois son paternel : réparateur de manèges à Ruby Pier (un parc d'attractions) et est de ce fait convaincu de ne pas avoir apporté grand-chose au reste du monde. Le but sera, bien sûr, de lui faire comprendre que chaque vie humaine possède une importance intrinsèque indéniable et que lui-même n'échappe pas à la règle... !

 

albom

 

Le passage que j'ai choisi est un extrait de "La deuxième leçon". Après "l'Homme Bleu", le second personnage qu'Eddie rencontre au ciel n'est autre que son ancien commandant lorsqu'il servait à la guerre - guerre qui est décrite évasivement mais dont on peut deviner qu'elle fait référence à celle du Vietnam (Mitch Albom est Américain et on sait à la fin que le conflit se déroulait en Asie...). Il vient de raconter (ou plutôt de "montrer") à Eddie sa propre mort : alors qu'il guidait sa troupe, transportant Eddie blessé à la jambe et en proie à la fièvre, il marche sur une mine.

 

"Oh, mon Dieu, oh, mon Dieu ! Je ne savais pas, mon Capitaine. C'est révoltant. C'est horrible !"
Le Capitaine hocha la tête puis détourna le regard. Les collines avaient retrouvé leur aspect dénudé, les ossements d'animaux et la nacelle en mille morceaux, ainsi que les restes incandescents du village. Eddie comprit que c'était là le cimetière du Capitaine. Pas de cercueil ni de funérailles. Juste son squelette en mille morceaux, et la terre boueuse.
"Vous avez attendu ici tout ce temps ? murmura Eddie.
- Le temps n'est pas ce que tu t'imagines, lui répondit le Capitaine en s'asseyant auprès de lui. La mort ? Ce n'est pas la fin de tout, contrairement à ce que l'on croit. Notre vie sur terre n'est jamais qu'un commencement."
Eddie semblait perdu.
"C'est un peu comme dans la Bible, le marché conclu avec Adam et Ève, lui expliqua le Capitaine. Lors de la première nuit d'Adam sur terre, il se couche pour dormir et, ignorant ce qu'est le sommeil, se dit que c'est terminé. Ses yeux se ferment et il pense qu'il va quitter ce monde, OK ?
"Sauf que ce n'est pas le cas. Il se réveille le lendemain matin et il a affaire à un monde tout neuf, avec en prime cet acquis supplémentaire qu'est le jour précédent."
Le Capitaine eut un large sourire.
"C'est la même chose ici, soldat. Voilà ce que représente le Ciel selon moi : un endroit où l'on peut tirer la leçon des jours précédents."
Il sortit son paquet de cigarettes en plastique et le tapota du doigt.
"Tu me suis ? Je n'ai jamais été très pédagogue."
Eddie le regarda attentivement. Il se l'était toujours imaginé bien plus âgé. Mais aujourd'hui, et alors qu'il était débarrassé d'une partie de la poussière de charbon, il se rendait compte que le visage du Capitaine était à peine ridé, et sa chevelure noire abondante. Il n'avait pas dû dépasser la trentaine.
"Vous êtes resté ici depuis votre mort, reprit Eddie, mais c'est deux fois plus long que votre vie !"
Le Capitaine acquiesça.
"Je t'attendais."
Eddie baissa les yeux.
"C'est ce que m'a dit l'Homme Bleu.
- Eh bien, lui aussi faisait partie de ta vie, de ce que tu as vécu et de la façon dont tu l'as vécu, partie de l'histoire qu'il te fallait connaître ; maintenant qu'il te l'a contée, il est loin d'ici et je le serai bientôt aussi. Alors écoute bien ce que tu as besoin que je t'apprenne."
Eddie sentit son dos se redresser.
"Un sacrifice, dit le Capitaine. Tu en as fait un. J'en ai fait un. On en fait tous. Sauf que le tien t'a rendu furieux. Tu n'as pas arrêté de penser à ce que tu avais perdu.
"Parce que tu n'as pas compris ; que se sacrifier fait partie intégrante de la vie. Il faut faire des sacrifices. On ne doit pas les regretter mais plutôt y aspirer, qu'ils soient petits ou qu'ils soient grands, que l'on soit une mère qui travaille pour payer des études à son fils, une fille qui revient chez ses parents pour s'occuper de son père malade.
"Ou un homme qui part à la guerre...
"[...] Je ne suis pas mort pour rien [...]. Cette nuit-là on aurait tous pu passer sur cette mine antipersonnel, et là on aurait été quatre à disparaître."
Eddie secoua la tête.
"Mais vous..." Il baissa la voix. "Vous avez perdu la vie."
Le Capitaine fit claquer sa langue.
"Nous y voilà. Parfois, quand on sacrifie quelque chose de précieux, on ne le perd pas vraiment. On se contente de le transmettre à quelqu'un d'autre."


Bon, je dois le reconnaître, tout ceci a un léger parfum de christianisme (ne serait-ce que par la référence à la Bible et la base même du bouquin qui présuppose un simili-paradis après la mort, avec pérennité de l'âme tout ça, tout ça), et le côté "être militaire, c'est bien, c'est grand, c'est noble, ça revient à se sacrifier pour son pays, sa nation, sa famille, ses amis blablabla" peut être considéré comme un peu dérangeant (ça l'est pour moi, en tout cas), il n'empêche que l'intrigue est loin de minimiser les conséquences de la guerre (blessé à la jambe, la vie d'Eddie ne sera plus jamais la même - d'où le "sacrifice") ou d'en faire l'éloge, au contraire, les descriptions concernant cette partie de la vie d'Eddie sont loin de présenter une image manichéenne du conflit et privilégient plutôt un certain réalisme, envisageant le conflit d'un point de vue très humain sans imposer de jugement, ni sur les causes défendues, ni sur les soldats, ni sur les ennemis... De toute façon, tout le livre s'appuie énormément sur les émotions (très pures donc d'autant plus intenses) et, par la simplicité de l'intrigue et du style, permet de donner une vision plus globale à travers le personnage d'Eddie sur le monde et la vie en général - ce qui, à mon sens, suscite un nouveau regard par rapport à la sienne propre. D'ailleurs, une des phrases de publicité pour ce livre disait : "Le roman qui réconcilie avec la vie !", et honnêtement, je trouve qu'il y a du vrai... ! ça diffuse de belles idées et souligne les bonnes valeurs traditionnelles qui, même si c'est de la redite, sonnent toujours agréablement à l'oreille - parce que, c'est beau, quand même ! Ce qui m'a amusé, c'est que j'ai retrouvé là-dedans certaines notions qu'on trouve dans le bouddhisme (oui, ça faisait trop longtemps que j'avais pas taggué "bouddhisme" dans un article qui n'a a priori rien à voir avec la choucroute :D), notamment celle de l'interdépendance (qui dit que tous les individus sont non seulement reliés entre eux mais aussi à leur environnement) et ça, ça m'a vachement plu - un peu comme toutes les notions bouddhistes :D.


PS : Je ne sais pas ce que donne le livre en VO, mais comme l'histoire est assez simple il y a des chances pour que ce soit abordable :)

3 janvier 2011

"Résolution 2011"

Un dessin gentiment de traviole pour vous souhaiter une

Bonne année :D

 

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minimo001

Dessiné le 2/1/2011.

 

(Et je sens que ça ne va pas être facile à tenir... xD)

 

1 novembre 2010

Traces humaines

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(un mur paumé dans la campagne limousine)

 

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(pont inutile, toujours dans la campagne limousine)

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(ancienne clôture (?) près des menhirs de Carnac, Bretagne)

 

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(remise abandonnée, sur une plage de Bretagne)

C'est comme ça que j'aime le genre humain : silencieux, discret, serein et se mariant tellement bien avec son environnement naturel qu'il se retrouve à moitié effacé. Humble et respectueux devant une force dont il ne percera jamais les mystères.

En d'autres termes : à sa juste place.

 

Pour voir un vrai travail photographique (épatant) qui suit un peu la même idée :

=> Chris Morin.

30 novembre 2010

La joie des spam.

Dans une alternative aux célèbres anecdotes Vie de merde, je vous propose : Random Life.

Aujourd'hui, j'ai reçu un spam d'une certaine Freckled Banana (banane avec plein de taches de rousseur).

 

freckled_banana

Neuf mois plus tard, je me suis rendue compte qu'il s'agissait en fait du surnom d'une de mes plus proches amies (ce qui enlève à l'absurdité tout en rajoutant (les gens - et a fortiori mes proches - n'ont pas fini de me surprendre !).

Elle possède un tumblr très random, d'ailleurs !


29 novembre 2010

Les gens, Philippe Labro

Un passage tiré de la fin du dernier roman de Philippe Labro, Les gens. J'avoue avoir été très intriguée par ce bouquin à cause des grandes affiches qui bariolaient la gare et encore plus par la phrase qui l'ornait : "Tout commence par un manque d'amour", d'un philosophe chinois (Mo-tzu). L'histoire raconte le destin de trois personnages qui n'ont pas grand-chose en commun et que les hasards de la vie vont pourtant faire se rencontrer. J'ai trouvé que l'intrigue était bien construite et originale. C'est surtout la vision de l'auteur qui m'a parue juste - enfin, c'est plutôt que ça colle avec ma façon de voir... Mais ce que j'ai préféré là-dedans, c'est les sortes d'intermèdes dans l'intrigue qui introduisent des personnages anonymes qui viennent des quatre coins du monde et qui permettent, d'un coup, de prendre un recul énorme par rapport à l'action. On se voit soudain, soi, un grain de sable parmi tant d'autres, en train de lire un bouquin, un parmi des milliards, et, concrètement, on se prend une bonne claque dans la gueule. Je me laissais complètement happer par ces passages, encore plus que par le roman en lui-même. L'extrait que j'ai recopié ici est celui qui m'a le plus émue.

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Il existe des centaines de milliers d'univers, les myriades de segments les plus divers d'une société dont le degré de civilisation se mesure au nombre de contradictions qu'elle comporte. Ces univers sont séparés, inconnus les uns aux autres, indifférents les uns aux autres. Mais quelque chose les unit, le seul lien commun qui tisse cette carte inimaginable, cette toile arachnéenne aussi bien nationale que mondiale et que domine la peur, comme l'espoir. Tous sont soudés par la puissance de ce qui a révolutionné les mœurs : l'image, et sa transmission immédiate.

Les gens, c'était tout le monde et c'était n'importe qui. Souvent, ils ne savaient plus très bien où ils en étaient, les gens. On leur expliquait que la banquise arctique fondait, que les ours polaires allaient mourir, que des inondations géantes feraient disparaître des îles, puis des villes et peut-être des continents, et que le poumon d'oxygène du monde continuerait d'être déforesté, que l'asphyxie les gagnerait tous un jour, et sinon eux, du moins leurs enfants ou leurs petits-enfants, ou leurs arrière-petits-enfants. Et pourtant, ils continuaient de faire des enfants, les gens. Ils continuaient d'aimer, construire, inventer, créer, soigner, rechercher, enseigner, lutter.

Les gens, on leur expliquait que l'économie du monde basculait, que les séismes et les tsunamis, les cyclones et les éruptions volcaniques, les marées noires et les fuites des centrales nucléaires, les massacres et les génocides, tout cela n'était rien par rapport à ce qui pouvait encore leur arriver. On leur prédisait des années de privations et de crises, et ils comprenaient qu'ils n'étaient à l'abri d'aucune guerre, d'aucun geste fou d'un dictateur fou, à l'abri d'aucune catastrophe mondiale qui remettrait en question la trame même de leur vie quotidienne. Et pourtant, ils ne l'acceptaient pas, et, s'ils ne se révoltaient pas encore, ils opposaient à la noirceur des choses la force de la vie.

Tous enfants de la même algue bleue, tous issus de l'universelle et commune cellule ancestrale, ils suivaient l'évolution, le phénomène dont personne ne connaissait l'ultime bout de course – s'il devait jamais y en avoir un. Ils avaient intégré la notion de l'imminence de l'impossible. Ils vivaient dans l'âge de l'instantanéisme, l'immédiateté universelle, l'accélération des événements réels. Le chaos. Personne ne pouvait plus leur proposer le « point fixe » dont avait parlé Pascal. Et pourtant, ils se soumettaient à la grande loi de la nature comme à un mouvement perpétuel, ils continuaient. Ils n'avaient pas d'autre choix. Il faudrait bien qu'ils s'adaptent, les gens, ils l'avaient toujours fait.


Les gens de gauche disaient : Les choses sont intolérables. Les gens de droite disaient : Les choses sont inévitables. Les sages disaient : Les choses sont ce qu'elles sont.


Churchill disait : L'optimiste est quelqu'un qui voit une chance derrière chaque calamité.

 

30 mai 2010

"Fait divers"

Voici donc le premier de la série de mes petits crobars...

 

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Dessiné le 17/10/2009.


(toute ressemblance avec un évènement ou des personnes réelles serait bien entendu purement fortuite...)

(Même que quand je l'ai montré à mes parents, ils n'ont pas pleuré, mais ri. Non mais je vous jure...)

Ah, et un mot pour tous ceux qui ont failli mourir étouffé avec du chocolat en poudre  : nous ne sommes pas seuls !!

La preuve !

 

22 octobre 2010

Coucher de soleil en Bretagne

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Quelques photos de vacances... (moi qui détestais prendre des photos, j'arrivais pas à me dévisser de mon appareil tellement je trouvais tout beau autour xD)

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A deux pas de chez ma marraine...

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autant dire que quand j'ai vu à quel point les couleurs étaient magnifiques, je me suis précipitée dehors avec mon appareil.

 

 

 

 

24 octobre 2010

Beauté naturelle...

J'ai adoré me promener dans la campagne limousine.

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En se baladant dans les chemins de randonnée,

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on peut découvrir une nature très verte,

 

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avec beaucoup de clairières ombragées

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aux arbres denses et touffus,

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parcourues de ruisseaux...

 

 

PS : La mise en page n'est pas voulue poétique, juste pas trop plate xD Allez savoir pourquoi, c'était pas possible de mettre de l'espace vide entre chaque photo !

27 octobre 2010

Magie naturelle

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Toujours la campagne limousine.

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Je ne suis jamais allée errer là-bas

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(quoique ce soit pas l'envie qui manque !)

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mais j'ai trouvé que ces coins de forêt

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avaient comme un air de Brocéliande !

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(oui, vous l'aurez compris, j'ai développé une méchante fascination pour les arbres, depuis quelques temps...)

20 septembre 2011

OK GO

Mon coup de coeur musical du moment. Je m'envoie allègrement en boucle leurs trois albums. J'ai trouvé particulièrement géniale la coïncidence étrange qui m'a poussée à me retrouver en permanence avec "Here it goes again" - que je connais depuis longtemps - en tête et donc à avoir la soudaine envie d'explorer la discographie d'un groupe qui s'appelle OK GO à deux semaines de mon départ Erasmus. J'en suis d'autant plus heureuse que ce quatuor de Chicago a écrit de nombreux titres bien péchus aux bonnes vibes irrésistibles ! De quoi se réveiller de bonne humeur pour bien affronter la rentrée :D

 

Le premier album éponyme est plus brut que les deux autres, moins mélodique et plus proche du punk - les Pixies (groupe génial, je vous le rappelle !) sont d'ailleurs cités comme un des groupes de référence par le chanteur Damian Kulash, ce que j'ai trouvé de très bon goût, évidemment. Dans la même veine, on trouve Astro Lounge de Smash Mouth (avec la fameuse et jouissive "All Star" qui ouvre le premier épisode des aventures de Shrek).

 

"Get Over It", OK GO, OK GO

Un bon exemple de l'influence grungy du groupe. Si le clip ne contient ici qu'une absurdité sous-jacente (absurdité qui sera mieux développée dans les clips suivants), je vous conseille toutefois de poursuivre le visionnage jusqu'à 1min58.

A écouter aussi : "Don't Ask Me", "1000 Miles Per Hour", "Return".

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C'est sur le deuxième album qu'on trouve les tubes les mieux connus, pour un bon concentré de "power pop" qui file la patate et vous reste dans la tête toute la journée !

A écouter : "Invincible", "Do What You Want", "Here It Goes Again", "Oh Lately It's So Quiet", "A Million Ways", "Let It Rain", "Maybe, This Time".

(si, comme moi il y a deux minutes encore, vous ne savez pas à quoi se réfère la dénomination "power pop", sachez qu'il s'agit d'un genre de pop légère traitant de thèmes garantis sans prise de tête très influencée par le rock, le psyché et le grunge ! Génial, non ? Je trouve ça super parlant, comme sous-genre ! Et vive Wikipedia, surtout !)

 

"Here It Goes Again", OK GO, Oh No.

L'incontournable clip sur les tapis roulants qui a fait le tour d'internet - et qui reste sûrement un des meilleurs clips au monde. Pour la petite histoire, cette chorégraphie (ainsi que celle du clip suivant) est de la soeur de Mister Kulash - la génialité étant probablement de famille. Ah, et celui qui "chante" sur la vidéo est en réalité le bassiste, Tim Nordwind - qui a un look trop cool, il faut bien l'avouer.

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"A Million Ways", OK GO, Oh No.

Je n'aurais pas horreur de cette expression, je vous dirais que c'est un vrai kiff que de les regarder danser. Je ne sais pas comment ils arrivent à rester sérieux ! Si vous voulez mon avis, ces gars sont des super héros, ni plus ni moins.

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Le dernier album en date Of the Blue Colour of the Sky est moins explosif (et plus proche du son des Flaming Lips et de MGMT - normal vu qu'ils ont travaillé avec leur producteur), avec plusieurs chansons plus douces voire mélancoliques, mais reste globalement un réservoir à bonne humeur qui vous donnera sans doute envie d'expérimenter vous-mêmes des chorégraphies loufoques dans votre salle de bain en hurlant en play-back des refrains entraînants. Parce que, même si les paroles sont moins optimistes, la musique transcende la tristesse pour en faire de la bonne énergie, comme toujours !

A écouter : "WTF?", "This Too Shall Pass", "All Is Not Lost", "Skyscrapers", "White Knuckles", "Last Leaf", "Back From Kathmandu", "Louisiana Land" et la reprise de "Gigantic" des Pixies.

 

"This Too Shall Pass", OK GO, Of the Blue Colour of the Sky.

Une partie de domino géant, ça intéresse quelqu'un ? Personnellement, ce clip m'a évoqué le jeu de société "Attrap'Souris"...

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"White Knuckles", OK GO, Of the Blue Colour of the Sky.

J'adore comment les chiens ont l'air trop contents ! Non seulement c'est la vidéo anti-blues par excellence mais on peut aussi acheter ce clip sur le site internet du groupe pour faire un don à l'American Society for the Prevention of Cruelty to Animals.

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Oui car ce n'est pas tout ! Non content d'être drôles, créatifs et originaux, ces messieurs sont aussi engagés politiquement ! Par exemple, le groupe a enregistré une reprise pour un album anti George W. Bush (Future Soundtrack for America). Damian Kulash a aussi attesté devant le Congrès américain de la nécessité de la "Net Neutrality" - c'est-à-dire l'égalité et la liberté pour tous par rapport à l'accès internet, sans traitement de faveur accordé aux gros investisseurs en télécommunication ni contrôle de leur part.

 

Je conclus ce merveilleux article sur une photo qui achèvera sans nul doute de vous convaincre de la génialité totale de ce groupe (au cas où vous seriez restés insensibles jusque-là) :

 

22 septembre 2013

"La maison qui rend fou" - ou qu'est-ce que ça fait de travailler pour l'administration de sa fac, en vrai.

J’aime beaucoup la fac. J’aime argumenter vaguement lorsqu’on commente en voyant mon emploi du temps (« en fait t’as jamais cours, quoi. ») qu’il ne faut pas oublier de prendre en compte tout le travail personnel à faire en dehors des cours. J’aime le fait de payer 12€ à l’année pour faire autant de sports que je veux (équitation anyone? No, really?). J’aime entrer dans les différentes bibliothèques du campus et me dire tous les trois titres « Aaaah, ça ça doit être méga intéressant ! Si je faisais de la recherche, ça pourrait être cool… », même si je n’ai pas franchement l’intention de faire de la recherche. J’aime consulter les listes de cours optionnels et me dire que j’ai la possibilité de m’inscrire à des cours incongrus tels que littérature scandinave ou langue quechua (dans les deux cas, j’imagine un Viking ou un Inca venir nous enseigner tout ça en costume d’époque (tresses et barbe broussailleuse blondes et hache pour l’un ; plumes vert émeraude et sceptre de bois massif pour l’autre), ce qui rend la perspective encore plus fun).  

En fait, j’aime tellement la fac que je déprime rien qu’en pensant que ça pourrait très bien être ma dernière année universitaire proprement dite (surtout ne me demandez pas ce que je vais faire après, surtout ne me demandez pas ce que sont mes projets – sachant qu’ils peuvent se résumer grosso modo à la chanson postée ci-dessous). Pour le coup j’ai presque envie de recommencer à zéro (bonjour, je suis trilingue maya, guarani et suédois c’est marqué sur mon relevé de notes :D). Du coup, moi qui ai déjà toujours du mal avec le mois de septembre en général, dans ce contexte particulier, au lieu de me réjouir d’être encore à la fac pour l’instant, j’ai préféré me morfondre un peu plus, histoire d’égayer la grisaille météorologique annonciatrice de l’hiver qui a eu tôt fait de nous faire troquer shorts et chemises colorées contre le classique écharpes et bottes imperméables (NB : acheter des chaussures imperméables).

J’aime tellement la fac que je suis passée de l’autre côté des bureaux, celui de l’administration (-> tonalité dramatique traduite par l’italique). Je m’occupais de la partie inscription pédagogique, c’est-à-dire tout ce qui se rapporte aux choix des cours. Une belle occasion pour approcher le dragon administratif redouté (d'autant plus redoutable que doté de plusieurs têtes, portes et étages) de plus près. (D’après la légende, certains étudiants disparus auraient été vus pour la dernière fois rôdant dans les couloirs de l'administration… sans doute ont-ils fini englués dans un marécage de paperasse et post-its et sont finalement morts dans des souffrances telles qu’on ne pourrait même souhaiter la pareille à son pire ennemi.)

Je n’ai jamais trop adhéré aux stéréotypes qu’on donne du personnel administratif étant donné que, à chaque fois que j’ai eu des démarches à effectuer, je n’ai globalement eu affaire qu’à des gens sympathiques et compétents – et je ne parlerais même pas de la secrétaire en charge des Master en Lettres, qui est une explosion de bonne humeur et de générosité à elle toute seule – mais après avoir vu à quoi ressemblait leur boulot j’ai pris conscience qu’on faisait de certains personnages antipathiques une généralité sur toute une catégorie professionnelle qui, au fond, est là pour rendre gérable tout un système (l’accès à des formations à un public qui comprend aussi bien des jeunes que des salariés en reprise d’études, en reconversion ou des retraités). Et que, finalement, tous ces papiers à la con qu’on nous force à remplir en respectant des codes qui paraissent complètement ineptes (ne cochez surtout pas la case, malheureux ! entourez-la ! mais, pardieu, ne remplissez pas ces cases en bleu mais en rouge ! et en majuscules, enfin, en majuscules ! Voulez-vous donc que l’équilibre MONDIAL s’effondre ? C’est cela que vous voulez ? UN BAIN DE SANG INTERPLANETAIRE ?)… et bien, en fait, ils veulent dire quelque chose (Si. Je vous jure.). Le truc, c’est que personne ne nous l’explique. Ce qui nous induit à penser qu’un type complètement taré s’est amusé un jour, entre deux cures à l’hôpital psychiatrique, à inventer tout un système administratif absurde rien que pour nous faire chier et a réussi, on ne sait comment, à persuader le président de l'appliquer au niveau national. Certes, je suis bien consciente que c’est toujours laborieux de devoir collecter tout un tas de paperasse pas forcément claire, que c’est pénible de faire la queue pendant des heures pour finalement faire face à des gens qui se contredisent parfois entre eux ou font la gueule parce qu’ils voient défiler les mêmes papiers toute la journée, que c’est éreintant de devoir passer d’un bureau à l’autre pour faire quelques démarches en plus et parcourir tout un campus pour avoir toutes les infos dont on a besoin pour parvenir à ses fins mais enfin, si rien n'était classé, que toutes les infos étaient regroupées au même endroit sans aucune logique, et si on pouvait entrer et sortir de la fac comme dans un moulin est-ce que les choses seraient beaucoup plus simples… ? Mais si on vous explique qu’en fait, on privilégie les lettres capitales pour que ce soit plus lisible, qu’on écrit en rouge plutôt qu’en bleu parce que le bleu est réservé à certains cas particuliers et qu’on entoure plutôt qu’on coche les cases parce que… heu, non, attendez, là je sais vraiment pas pourquoi cocher les cases est apparemment synonyme de chaos, dans certains contextes, tout est soudainement beaucoup plus clair !

Autant vous dire que, quand on passe de l’autre côté, du côté administratif (thème musical dramatique bis), on arrive à avoir une vision différente de la chose. Ma responsable nous a offert des viennoiseries pour notre dernier jour et n’hésitait à nous dire, entre deux explications d’erreurs que nous avions commises, que même si elle ne le disait pas, on faisait du bon boulot, en fait. Certes elle suivait les directives administratives qu’on lui imposait (et encore heureux), y compris les dates limites d’inscription ou les combinaisons de cours impossibles qui faisaient parfois râler les étudiants, mais elle restait une personne humaine – et toute mignonne, en plus. (Une preuve que les membres de l’administration sont humains, ils ont souvent des photos de famille affichées aux murs… si si, regardez mieux !) Et, en côtoyant de plus près cet univers étrange, je me suis rendu compte qu’au final, les gens essayaient tout connement d’aider, en fait. Certes, j’ai des fois eu des réponses agaçantes de gens bornés qui répètent stupidement des dates et des procédures et renvoient les gens sans les écouter sous prétexte qu'ils ferment dans deux minutes… mais dans l’ensemble, le personnel administratif tente de résoudre les problèmes au mieux et de fournir les solutions qui permettent au maximum de personnes d’être contentes à la fin de leur journée. En me retrouvant moi-même dans la peau de l’Administratif (grand Dieu !), j'ai fait de mon mieux pour faciliter la vie aux gens, pour répondre à leurs questions et les accompagner dans leurs démarches en leur montrant que je les écoutais vraiment. J’ai donc couru d’un bureau à l’autre à la recherche de responsables pour vérifier mes infos (lesquels responsables partaient souvent eux-mêmes à la recherche de leurs supérieurs pour vérifier leurs propres infos – you know you work in administration when you find yourself repeating several times a day ‘I just need to check something…’), fait un max de photocopies « juste au cas où », répété quinze mille fois les mêmes trucs à des personnes différentes pour expliquer le fonctionnement de la licence d’anglais et distribué des tonnes de plans, de brochures et de flyers explicatifs de trucs et de machins sur lesquels je pointais toujours les mêmes choses. Et certes, on peut penser que c’est ennuyeux, répétitif et fatigant de faire ça toute la journée – et en effet, ça demande beaucoup d’énergie ! – mais ça peut – et ça devrait – être gratifiant, comme boulot !

Quand j’arrivais à expliquer de façon claire le contenu des cours de première année à des gens qui, jusque-là, n’avaient aucune idée de ce pour quoi ils allaient signer, quand je voyais que les gens étaient soulagés d’être arrivés à la fin de leur inscription, quand j’arrivais à inscrire des cas compliqués sans faire d’erreur, quand je savais répondre aux questions, quand j’allais me renseigner pour mieux savoir quoi dire aux étudiants, quand je tombais sur des gens de bonne humeur avec qui j’avais le temps de discuter un peu ou de blaguer, ça me faisait plaisir. J’ai réussi à simplifier la vie à une maman qui venait inscrire sa fille, j'ai épargné à un gars de revenir à la fac juste pour régler un problème sur l'inscription de sa pote en échange à l'étranger, j’ai rassuré plusieurs angoissés en leur expliquant autant de fois qu’il le fallait et en m’adaptant au caractère (vous saviez qu’il y avait plusieurs façons de stresser, vous ? j’ai pour ma part bien fait la différence entre la paralysie totale de la panique qui part dans tous les sens !), j’ai rétabli une "injustice" de note perdue en allant démarcher les bonnes personnes (adorables, d'ailleurs !) pour qu’une étudiante puisse récupérer la bonne note qu’elle avait obtenu et valider son niveau d'allemand, j’ai rappelé des gens pour leur expliquer les modifications qu’ils devaient faire sur leurs papiers pour rétablir une erreur… et tout ça, ça me faisait me sentir utile. Au final, j’avais de la chance, je parlais à des gens toute la journée et je les aidais dans la mesure du possible. Ce qui est plutôt cool, comme boulot ! Et bizarrement, ce sont les personnes qui comprennent que c’est ça la bonne façon de voir leur travail qui se trouvent aussi être les plus compétentes, comme la secrétaire des Master Lettres qui éclaire tout le monde de son sourire et de sa bonne humeur perpétuelle. Ceux qui se disent « je vais aider des gens aujourd’hui », plutôt que « je vais encore cocher des cases toute la journée » ont vraiment compris l’essence de leur boulot, aussi compliquées que soient à réaliser certaines démarches, aussi pénibles que soient les délais ou certaines prises de tête avec des gens qui vous prennent en grippe parce que vous faites corps avec le système administratif.

Lundi dernier, je me sentais morne. Il faisait moche, j’aurais préféré partir en week-end que retourner au boulot, je m’étais pris les bouchons dans le périph’, ma voiture coincée au milieu des voitures noires, blanches et grises sur la route du métro, j’ai traversé la ville coincée dans une rame de métro aussi grise que les gens qui m’entouraient, j’ai feuilleté, comme toutes les autres personnes présentes, un journal gratuit tout pourri qui me répétait que c’était la guerre ailleurs dans le monde. Bref, un lundi matin de septembre. Une fois assise derrière ma table, il me fallait pourtant être enthousiaste, représenter la fac, présenter la formation, expliquer, détailler, écouter, répondre. Et à peine la première personne repartie avec sa feuille remplie, je me suis sentie mieux. Certes, si je n’avais pas été là, ça n’aurait sans doute pas fait une grande différence, le gus serait juste passé avec une de mes collègues. Mais c’était moi qui l’avais inscrit, moi qui l’avais fait sourire en lui disant que les intitulés des cours étaient parfois vraiment pas clairs mais qu'on s'y faisait avec le temps, que l’optionnelle était en fait traîtreusement obligatoire, moi qui lui avais présenté ses choix et au final, c’était à moi qu’il avait dit merci. Et ça, même si c’est juste une convenance, une politesse, un mot qu’on nous apprend à répéter avant même qu’on en saisisse le sens, ça fait chaud au cœur. 

 

Et parce que je n'angoisse absolument pas par rapport à mon avenir :

 "Qu'est-ce qu'on va faire de toi ?", AlisterAucun mal ne vous sera fait.

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Parce que c'est un grand classique auquel on fait toujours référence, même quand on se retrouve de l'autre côté des bureaux (thème musical dramatique ter) :

 Les douze travaux d'Astérix, Uderzo et Goscinny.

 

PS : Et je tiendrais quand même à dire que, au final, ceux qui font perdre le plus de temps, ce sont parfois les gens qui viennent eux-mêmes faire leurs démarches, parce qu'ils se sont parfois vraiment (mais alors vraiment) pas renseignés sur ce qu'il convenait de faire avant de venir... (Enfin j'sais pas vous mais moi j'aime bien me renseigner un peu sur le contenu des cours avant de m'engager dans un cursus universitaire, mais bon... !) Et que, même les membres du personnel administratif s'arrachent parfois les cheveux entre eux ou débattent pour être bien sûr d'avoir tout compris... Et ça les fait pas forcément vibrer ! Des humains, je vous dis, des humains !

10 novembre 2012

"Le poids des mots" (dans Politis).

 

Développant une allergie de plus en plus marquée pour les flash infos - qui me donnent toujours l'impression de rabâcher les mêmes informations (voire les mêmes chiffres) vides de sens et de s'apesantir davantage sur le nombre de morts provoqué par un conflit que sur les raisons qui l'ont déclenché -, j'ai décidé de m'abonner à un hebdomadaire de (la vraie) gauche et indépendant : Politis (voire plus bas).

 

 Et hier, je suis tombée sur un article qui m'a particulièrement plu : "Le poids des mots... des patrons"*, écrit par Patrick Brody (syndicaliste de la CGT), donne quelques exemples concrets sur l'utilisation d'un vocabulaire bien spécifique par les "grands" de notre monde, vocabulaire qui se voudrait objectif et représentatif de notre réalité, mais qui, étrangement, n'est pas sans une certaine charge idéologique... donc subjectif (et, dans le cas qui nous occupe, porteur du modèle économique actuel, bien évidemment indémontable car seul et unique choix de société que nous ayons - manque de bol, hein ? L'homme préhistorique possédait déjà, semble-t-il, un chromosome trader/actionnaire mit malette et costard bien enfoui dans son patrimoine génétique. Que voulez-vous qu'on y change, l'homme étant par nature cupide, égoïste et cruel... !

En tant que bonne petite littéraire, je me suis bien évidemment sentie interpellée. Non seulement parce que l'article était très intéressant en soi mais aussi parce qu'il démontrait comment les mots que nous employons ne sont jamais neutres - d'où l'importance de choisir le bon quand on veut écrire quelque chose... ! Soit la leçon quotidienne que je reçois à chaque fois que je tente de construire un texte ou que je me plonge dans une analyse littéraire.

 

En effet, pour reprendre les exemples de l'article :

- On préfère nous parler de "coût" du travail plutôt que de "prix" du travail. Pourquoi ? Parce que si notre salaire est considéré comme un "coût", cela implique une connotation négative : on est un "coût" supplémentaire, une sorte de boulet qui entrave les bénéfices réalisés par l'entreprise (même si c'est un peu grâce aux employés qu'elle peut tourner, l'entreprise, mais passons...). Au contraire, le "prix" du travail sous-entend qu'on trouve normal de rémunérer un travail, l'énergie dépensée et les compétences sollicitées. Mieux vaut donc parler de "coût" afin que l'on trouve logique de baisser ces dépenses superflues que sont les salaires, histoire que l'entreprise gagne en compétitivité.

- On préfère parler des taxes en termes de "charges sociales" plutôt que comme des "cotisations sociales". Si on prélève des sommes sur vos salaires, c'est parce que vous devez payer des charges, des putains de charges qui vous pompent une partie de votre salaire. Payer une cotisation, en revanche, implique un investissement dans une société qui cherche à oeuvrer pour le bien-être collectif - éducation, retraite, chômage, santé... On se sent faire partie d'un tout, on est solidaires. Mieux vaut en effet diaboliser ces méchants organismes qui vous empêchent d'acheter ce qui vous fait envie, sinon ça ferait trop de remoux au moment où on essaierait de tout privatiser. (Vous remarquerez cependant que le seul article de wikipédia sur la question est intitulé "cotisations sociales" (et non pas charges). Une erreur de parcours, sans doute... !)

- Dernier exemple : à présent, dès qu'on entend le mot "réforme", on rentre la tête dans les épaules en attente du coup de bâton qui ne manquera pas de tomber. Pourquoi ? parce qu'on s'est maintenant habitué à associer le mot avec régression sociale. Or, si on ouvre un dictionnaire, on tombe sur la définition suivante : "changement dans le but d'apporter des améliorations". Je pense que personne n'a besoin d'une définition du mot "amélioration" - ou du moins pour l'instant, vu qu'on n'en est pas encore à scander le slogan de 1984 : "WAR IS PEACE, FREEDOM IS SLAVERY, IGNORANCE IS STRENGTH" (quoique, quand on décide d'expulser les "indésirables" depuis de jolis bâtiments décorés des mots savants de Liberté, Egalité, Fraternité, on est en droit de s'interroger, à mon sens...).

 

L'article conclut alors : "Sachons imposer nos mots : c'est aussi notre combat."

 

Et le prochain qui me répond, alors que je viens de lui dire que je suis étudiante en Lettres, "t'es une rêveuse, toi !", je la lui ressors.

Et lui colle mon bazooka sous le nez.

 

 (NB : s'acheter un bazooka)

 

 

 *"Le poids des mots... des patrons", Politis n°1225, 1e au 7 novembre.

 

 

Pour en revenir à Politis (et une petite tranche de propagande, une !) :

Il s'agit d'un journal indépendant et engagé qui paraît une fois par semaine. Il couvre bien entendu l'actualité de la semaine mais propose aussi toute une rubrique culture sur le cinéma, la littérature et les Arts en général. Evidemment, le point de vue est loin d'être neutre, il est au contraire bien ancré à gauche. Autrement dit, cela ne conviendra sans doute pas à tout le monde, et je le comprends. Je m'interroge parfois moi-même sur la qualité d'une information clairement positionnée politiquement... Cependant je pense y avoir trouvé mon compte : je suis contente de trouver un journal accessible qui corresponde à mes idées, qui explique vraiment les choses et ne considère pas les faits divers comme de l'information. Je me souviens notamment d'un article expliquant la crise syrienne en détails, alors que d'autres média s'étaient déjà empressés de ne plus énoncer à ce propos qu'un nombre de nouvelles victimes au jour le jour. Enfin, j'aime aussi beaucoup la dernière rubrique, "Digression", qui propose une réflexion souvent en lien avec les Arts. Située sur la dernière page, elle permet une petite bouffée d'air et soulève des questions sur lesquelles on est bien tenté de réfléchir à son tour (j'ai particulièrement apprécié l'article sur la littérature engagée ou celui sur le pouvoir des chansons populaires).

 

 

4 avril 2012

Easter Break (ou comment pondre un article super long à une heure tout à fait normale après une très longue période de silence)

Autant j'avais décidé de ne pas faire la fine bouche et de rentrer pour tout le mois de vacances que l'université de Reading m'avait gracieusement octroyé pour les vacances de Noël, autant j'ai décidé de ne pas en faire autant pour les vacances d'Avril. Parce que quand même, quand on y pense, une année Erasmus, ça dure déjà que neuf mois, ce qui se révèle très vite être une durée assez courte... Alors si on commence en plus à virer deux autres mois complets, on se retrouve plus qu'avec sept mois - ce qui finit par friser le ridicule quand on pense à toutes les choses qu'on aimerait faire tant qu'on est là-bas. Quand on a la chance de pouvoir vivre à l'étranger pour une durée déterminée, autant en profiter au max !

Tout ça pour dire que j'ai donc résolu de rentrer en France pour une dizaine de jours seulement, en mode warrior - c'est-à-dire avec un seul petit sac-à-dos en guise de bagage. (Pour être honnête, c'est un peu plus en mode SDF qu'en mode warrior que je débarque puisque je vais en fait aller de squattage en squattage dans différentes villes chez différents amis... mais bon, "warrior", ça fait un peu plus classe que "hobo", tout de même...)

Sauf que, voilà, je n'étais apparemment pas la seule à vouloir m'envoler pour la France sur cette période-là - Pâques oblige. (Autrement dit, je me suis un peu étouffée sur les prix Easyjet Gatwick-Toulouse.) Ce qui m'a conduite à pousser l'expérimentation un peu plus loin en bouclant une réservation Ryanair Stansted-Bergerac. Non, non, vous ne rêvez pas, je parle bien d'une communication directe Londres-Bergerac. A chaque fois que je me renseignais sur les vols sur le site de cette sympathique compagnie low-cost bleue et jaune et que je commençais à taper "BER" dans la case "destination", j'avais le choix entre "Milan-Bergamo" ou "Bergerac". Après moultes hésitations, je cliquais toujours résolument sur Bergerac. Parce que, tout de même, qui voudrait aller à Milan quand on peut aussi choisir Bergerac JE VOUS LE DEMANDE.

Ayant résolu de faire un crochet par Bordeaux avant de répondre à l'appel du manque de cochon d'Inde et d'attrait pour la cambrousse natale, je planifiai gentiment mon trajet et séjour bien à l'avance - c'est-à-dire la veille au soir de mon départ avant de m'occuper de mon sac - pour me rendre compte avec délices que 1) l'aéroport était à 15 minutes en voiture du centre-ville ; 2) il n'y avait aucune navette jusqu'au dit centre-ville, uniquement des taxis et une agence de location automobile (lol) ; 3) si je me loupais le train de 18h55, j'étais dans la merde puisqu'il n'y en avait pas d'autre avant 5h du matin le lendemain. Autrement dit, j'adorais déjà Bergerac. En bonne bobo vivant à une demi-heure de Londres, je dois avouer que j'avais du mal à me confronter d'un coup aux contraintes spéciales bled paumé en si peu de temps. Ce n'était plus "In (fucking) Bruges" mais "in fucking Bergerac". Et je n'étais même pas encore dans l'avion.

Au final, j'étais plutôt bien contente d'y arriver, à Bergerac, parce que j'avais judicieusement choisi de rentrer en France le jour-même où des mouvements de grève se déclaraient dans les aéroports (Good old France!). En voyant la tête que tiraient les gens qui étaient supposés embarquer pour Biarritz ou autres et qui rebroussaient à présent chemin vers l'entrée de l'aéroport, je me suis dit que je n'étais pas tellement à plaindre... Mais là où Bergerac l'a vraiment made it up to me c'est au moment de l'arrivée. Le contrôle des douanes était juste trop drôle tellement on se serait cru dans un hangar. Un hangar dans lequel on aurait calé un (notez le singulier) contrôle douanier affublé d'une de ces ridicules files d'attente au rendement spatial optimal dans laquelle s'agglutinaient sagement un bon tas de Britanniques au stoïcisme admirable - vivant en Angleterre, je suis bien placée pour savoir que les Anglais voient suffisamment de choses absurdes au quotidien pour ne pas se formaliser d'un pareil accueil mais tout de même, j'avais bien l'impression d'être la seule à me retenir de rire dans ce qui était supposé être un terminal international et qui ressemblait davantage à un local d'élevage en batterie qu'à un aérogare.

Même si ça ne m'aurait vraisemblablement pris que cinq minutes sur mon programme (lol bis), j'ai préféré reléguer ma visite de l'aéroport dans son ensemble à mon retour et ai tâché de repérer immédiatement le signe des taxis - pas facile avec le soleil dans les yeux... Good old France! En guise de taxis : deux véhicules garés dans un coin avec les portières grandes ouvertes et entre les deux, les chauffeurs plongés en grande conversation. Résolument sympathique mais pas stressée pour un sou, la madame chauffeur entreprit de placer mon pauvre Eastpak turquoise dans l'énorme coffre de sa voiture genre Espace et m'invita chaleureusement à m'installer pendant qu'elle terminait sa conversation. Ce flegmatisme faisait tellement office de "Bienvenue dans le Sud-Ouest de la France, j'espère que vous n'êtes pas pressés, prenez-donc un verre de tariquet bien frais" que je n'ai pas pu m'empêcher de sourire. Mon sourire ne fit que s'élargir alors que j'entamai une discussion détendue avec la petite madame ("A quelle heure est votre train ? ... Oh ! on aurait le temps d'y aller trois fois !") sur les thèmes traditionnels de la météo, de la climatisation, des Anglais et/ou de l'Angleterre, de la campagne, de l'aéroport minuscule... d'autant que, en embrassant du regard la vue pittoresque que j'avais sur la rivière, les églises et maisons de campagnes, le tout baigné d'un beau soleil doré, je crois avoir enfin compris le charme qui entoure ma région d'origine. Le mythique "Sud della Francia" au cachet international... La preuve de cette légende, quelques jours avant les vacances, alors que je préparais mon oral d'Italien (oui parce que j'ai décidé de reprendre des cours d'Italien en Angleterre, logique...), je vérifiais comment on disait sud en Italien dans un dictionnaire Anglais-Italien - histoire de pouvoir dire que j'étais una studentessa francese du Sud de la France - quand je suis carrément tombée sur l'expression "il Sud della Francia" dans l'entrée "Sud"... ce qui n'a pas été sans me suprendre parce que, autant je pouvais comprendre que les Anglais puissent fantasmer sur le climat du coin, autant je n'aurais pas cru que les Italiens avaient quelque chose à nous envier à ce niveau-là... et pourtant, here it was, écrit noir sur blanc, comme si c'était une notion hyper importante associée au mot Sud qu'on était susceptible d'employer a lot. Comme quoi il n'y avait pas que le climat qui était en jeu, là-dedans, mais quelque chose d'autre, une sorte d'aura, peut-être... Marrant quand même... ! Tout ça pour dire que, la cambrousse, ça a quand même du bon. C'est rigolo - pour peu qu'on s'y enterre pas - et puis c'est drôlement beau, relaxant tout ça tout ça...

Une fois arrivée à la gare et acheté mon billet, je me mis en quête de toilettes (je sais, ma vie est trop géniale) - et, le hall étant constitué de deux guichets, d'une borne automatique, de deux commerces (fermés) et de zéro signe indicatif, l'affaire n'était pas si aisée que ça. Je finis par les trouver dans un coin du quai A et restai plantée piteusement devant la porte en fouillant dans mon porte-monnaie à la recherche de deux malheureuses pièces de 20 centimes que je n'avais pas. Comme non seulement je n'avais pas l'air très fine à fixer tristement la pancarte expliquant qu'on ne me rendrait pas la monnaie une fois que j'aurai inséré mes pièces, mais qu'en plus un type (sur les trois personnes qui se tenaient sur le quai) me reluquait de façon peu sympathique (argh, good old France...) à quelques mètres de là, je décidai de profiter de mon temps libre pour aller dans un des bars en face de la gare (ou comment finir par payer 3€ au lieu de 40c pour aller pisser)

Je rentrai donc dans le bar/brasserie qui me paraissait le plus susceptible de proposer des brownies (la traversée de la Manche ça creuse)... pour vite comprendre que je pouvais oublier mes envies de chocolat. Non seulement l'endroit était désert mais il ne présentait en plus de cela aucune vitrine à desserts. Dommage. Un black qui devait avoir la quarantaine sortit du fond du bistrot et se figea net en me voyant, clignant des yeux comme s'il était ébloui par la lumière extérieure. "Heu... un jus d'orange, c'est possible ?" "Mais bien sûr !" s'exclama-t-il avant de s'emballer et de me proposer, plutôt, un jus de goyave ("non, pas goyave parce que j'en ai plus") ou de mangue parce que, quand même, l'orange, c'était "fade", comme jus. Me laissant convaincre, je m'empressai de faire un tour aux toilettes avant de m'installer au bar pour siroter le verre frais qu'il venait de me servir. Le sympathique barman m'engagea alors la causette, m'expliquant que je lui avais presque fait peur parce que j'étais décidément bien jolie, avec mon grand sourire et mon chapeau - "ah, heu, merci... !" - et me demandant d'où je venais puisque, comme il connaissait "toutes les jolies filles de Bergerac", il était certain que je n'étais pas de la région. Comme je lui expliquais d'où je venais et pourquoi je revenais d'Angleterre, il s'enthousiasma : "Ah ! j'étais sûr que tu étais une intellectuelle, j'ai pu le sentir dès que tu es rentrée ici !" "Ah bon ?" "Oui bien sûr ! Tu dégages quelque chose de différent, on sent que tu es plus... comment dire, intéressante." "Ah heu, hé bien, c'est gentil, merci..." "Dès que je t'ai vue, je me suis dit "Ah, celle-là, c'est une fille comme tu les aimes"." "Haha, vraiment..." "Oui bien sûr ! Tu as cette aisance, cette attitude qui dit "le monde m'appartient"..."

Sur le coup, j'avoue que j'ai tiqué en entendant ça, parce que je me sens en effet beaucoup plus sûre de moi avec toutes les aventures que j'ai vécues depuis le début de l'année (et même bien avant, avec tout le chemin que j'ai parcouru dans ma petite vie)... Je n'avais pas besoin qu'un barman dragouillard me le dise pour réaliser que j'avais pris de l'assurance et que j'étais devenue bien débrouillarde, au final, mais il n'empêche que ça fait toujours bizarre d'avoir une confirmation extérieure de ce que que l'on ressent (ou que l'on aimerait bien croire - surtout deux jours après une crise existentielle du genre "que fais-je, où vais-je ?" à laquelle on n'a pas franchement trouvé de réponse). Je me sentais d'autant plus à l'aise que le type est resté tout à fait charmant et professionnel (au contraire du reluqueur du quai de la gare, par exemple) et que je me suis également dit que, il n'y a pas si longtemps de ça, ses compliments m'auraient sans doute mise très mal à l'aise. Au lieu de ça, on a discuté un peu de sa vie, des voyages, de sa "timidité" (lol ter), de son business, du groupe qui jouerait là prochainement... J'ai promis de repasser la prochaine fois pour dire bonjour si j'avais du temps, mais qu'en attendant, je préférais y aller pour ne pas me louper mon TER - qui grinçait tellement qu'à plusieurs reprises je me suis demandée si quelqu'un jouait de la flûte péruvienne dans un coin ou si c'était juste moi qui hallucinais.

 

Bref, je suis rentrée en France pour les vacances.



27 février 2011

Chronique : Moriarty

 

Moriarty (+ JP Nataf + Giedré) au Bikini le 2 février 2011 (Festival Détours de chant)

 

Deuxième chronique que j'écris pour Mygmusique dispo ici ! (youpiiii)

 

Plus de deux ans après leur première date au Bikini, Moriarty est de retour à Toulouse dans le cadre du Festival Détours de chant. Une soirée inoubliable pour moi, qui ai découvert le groupe juste à temps pour assister au concert – timing louable puisque la date a fini par être complète (tout comme l'était la précédente).

Un concert de Moriarty, c'est très difficile à rendre, pour la bonne raison qu'on va de surprise en surprise...

La première de la soirée s'appelle GiedRé. Il s'agit d'une charmante jeune blondinette en robe, aux pommettes saillantes et au sourire enfantin... mais faussement innocent. Toute seule avec sa guitare, elle commence par une « chanson pour endormir les enfants » : la jolie histoire d'un homme qui se perd dans les bois, se voit proposer l'affection d'une prostituée (un travesti latino) pour finalement finir sodomisé contre un arbre. Les autres chansons sont tout aussi délicieusement politiquement incorrectes mais le public semble apprécier et même en redemander, à en juger par les nombreux éclats de rire et les applaudissements nourris. « L'amour » (ou plutôt le sexe (et particulièrement la sodomie, d'ailleurs)), les faits divers, le glauque, les tabous en général, sont des sujets de prédilection. L'humour est d'un cynisme tel que ça en frise le dérangeant, mais en tant que première partie, on peut dire que l'affaire a été rondement menée ! Voire peut-être trop bien menée.

En effet, face à JP Nataf, ex-Innocent, l'audience semble se refroidir et être déstabilisée par le contraste. Il faut préciser ici que la plupart des gens se sont manifestement déplacés pour Moriarty, ignorant ou ayant oublié le fait (moi la première) que, puisqu'il s'agit d'une date de festival, le second artiste occupe la scène nettement plus longtemps que ne le ferait une simple première partie. Voir la setlist se prolonger finit par impatienter les toulousains... Ce qui est dommage, car la qualité de la musique est indéniable. Des textes recherchés et poétiques (nettement plus lyriques que ceux de GiedRé), une voix apaisante, des mélodies planantes et harmonieuses, (et, en ce qui concerne Jean-Philippe lui-même, un look retro, vaguement lennonien sur les bords, qui vaut le détour !). Le tout fait voyager mais ne semble pas combler les attentes du public.

Lorsque Moriarty arrive (enfin !) sur scène, l'impatience est à son comble. Malgré quelques problèmes de son qui font qu'on n'entendra pas la voix du contrebassiste avant le second morceau – il faut dire que la diversité des instruments étalés sur la scène est pour le moins impressionnante ! Les réglages n'ont pas dû être évidents à faire... ! -, on sent que c'est un Bikini conquis qui s'est rassemblé ici pour Moriarty. Même si on ne connaît pas encore le nouvel album, le contact s'établit immédiatement : le silence se fait et on embarque aussitôt dans une ambiance country, portée par la voix suave si particulière de Rosemary.

Le dépaysement est aussi visuel : les looks décalés des différents artistes et la mise en scène théâtrale (originale, très précise et réussie) font qu'il est impossible de s'ennuyer, d'autant que certains musiciens passent d'un instrument à l'autre et que tous ne cessent d'intervenir (en français comme en anglais) auprès du public. Le guitariste (Arthur ; dont les bretelles, les chaussettes rouges et le chapeau évoquent les farfadets irlandais) n'attend pas plus de deux ou trois chansons pour remercier toute l'équipe du Bikini et les féliciter de la qualité de leur magret de canard, proposant alors le tout premier « slam d'assiette » de l'histoire de la musique – consistant à faire passer de main en main l'assiette jusqu'au bar situé au fond de la salle. Le slam sera d'ailleurs le leitmotiv de la soirée puisque, ayant renversé le thé de Rosemary, Thomas (harmonica) renverra la tasse vide via le public aux barmen. Ce sera d'ailleurs Thomas lui-même qui, pourtant apparemment pas très branché bain de foule, finira par se faire porter par les fans sur « Jimmy », titre phare du groupe.

Le morceau se révèlera d'ailleurs être le clou de la soirée : tout le monde semblait l'attendre de pied ferme et ne se fait pas prier pour fredonner les paroles avant même que la chanteuse ne s'avance vers le micro. Le résultat est pour le moins émouvant, pour le groupe, ravi, comme pour nous. Tout le monde est invité à claquer des doigts sur l'instance du batteur (résolument sympathique, ne serait-ce que pour sa salopette). Comme le public se voit reprocher de s'arrêter de chanter quand c'est au tour de la mélodie jouée à l'harmonica de rentrer en scène, un spectateur relève le défi de la siffler et se voit finalement invité à rejoindre le groupe en guise de substitution – épatant ! - ce qui autorise donc Thomas à se lancer pour son slam. En tout, la chanson sera jouée deux fois, voire trois, étant donné les nombreuses interruptions – ce qui ne déplût vraisemblablement à personne, au final. Le « vrai sens » des paroles nous sera d'ailleurs livré par Arthur : Jimmy serait en fait en train de planer... Rosemary semblant contester l'affirmation, je laisse tout un chacun libre d'interpréter la chanson comme il le souhaite.

Le public adhère sans aucun doute aux nouvelles chansons, très diverses ; elles vont d'un festif country et entraînant à la gravité solennelle (je pense en particulier à la chanson dédiée au plus jeune condamné à mort aux USA) - et les « classiques » sont accueillies avec chaleur : « Private Lily », « Cottonflower » (très réclamée)... « Isabella », présentée par Arthur comme leur nouveau « single » (avant qu'il ne s'embarque dans une brève parodie des émissions de musique diffusées sur les grandes chaînes) est elle aussi très bien reçue.

Il serait difficile pour moi de ne pas oublier de détails tant la soirée fut mouvementée ! J'ai notamment été très séduite par la mise en scène, soigneusement étudiée, qui rapproche nettement le groupe d'une troupe de théâtre, à la fois pour les costumes, la cohésion, l'ambiance (bien sûr) mais aussi le sérieux professionnel dont ils faisaient preuve à chaque fois qu'il s'agissait de commencer une nouvelle chanson.

Une belle harmonie entre les membres du groupe (la preuve, ils chantent le plus souvent groupés autour d'un même micro et n'ont même pas besoin de setlist), une complicité précieuse avec leur public, une mise en scène imaginative et une musique entre le country, le folk et le blues qui transporte dans un univers à la fois onirique, mélancolique et pourtant très vivant qui, une fois sur scène, dégage une énergie chaleureuse et met de très bonne humeur ! Il ne reste plus qu'à attendre la sortie de l'album – le groupe s'est apparemment décidé depuis la semaine dernière pour le titre Dark line in the middle of town – actuellement en cours de mixage.

 

PS : et non, c'est pas moi qui suis en retard, c'est le webmaster qui a tardé à publier mon article :p

Edit 2/04/2011 : le nouvel album s'intitule en fait The Missing Room et est en ligne sur Deezer et Spotify !

 

"Pisser Debout", GiedRé.

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"Plus de Sucre", J.P. Nataf, Plus de Sucre.

(conseil : ne regardez pas les images et écoutez juste la musique parce que les associations supposées poétiques texte/images frisent un peu le ridicule xD)

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"Viens me le dire", J.P. Nataf, Clair.

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"Jimmy", Moriarty, Gee whiz but this is a lonesome town.

(clip magnifique qui m'a permis de comprendre toute la profondeur des paroles, d'ailleurs...)

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"Cottonflower", Moriarty, Gee whiz but this is a lonesome town.

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"Isabella", Moriarty, The Missing Room.

16 avril 2011

Les bonnes surprises des petites rues toulousaines : La galerie Concha de Nazelle, l'exposition sur Jean-Claude Machek.

De l'intérêt de flâner dans les rues quand il fait beau et de suivre sans complexe ses instincts d'insecte*.

(*c'est-à-dire de rentrer quand il y a de la lumière)

 

Etant en pleine période pré-partiels, je me suis accordée, entre deux vernissages d'un festival pour lequel je suis bénévole, une petite aprèm shopping ensoleillée... (si, si, il y a un lien logique entre le début de la phrase et le reste, je vous assure ! ... Non mais vous comprenez, j'avais plus de pâte à fixe ni de crème hydratante il était donc tout à fait nécessaire que j'aille en ville, et notamment à Lush... ! Voilà... hum.) Bref.

En me baladant dans les ruelles pour éviter la surpeuplée rue Saint-Rome, je suis tombée sur une toute petite galerie d'Art que je n'avais jamais vue avant. Intriguée par les murs tout blancs, l'absence d'informations et surtout les paysages colorés exposés à l'intérieur, je me suis finalement décidée à pousser la porte "entrée libre". Personne dans la pièce d'entrée. Je commence à regarder les peintures autour de moi, à peine troublée par le léger décalage entre le calme du lieu et ma tenue vestimentaire (jean rouge pétard, T-shirt Muse-je-suis-allée-à-leur-super-concert-au-stade-de-France-et-je-m'y-suis-ruinée-en-achetant-ceci-tout-en-considérant-que-ça-valait-vachement-le-coup-d'où-le-fait-que-je-l'arbore-actuellement, sac Eastpak en bandouillère jaune poussin et casquette bleue à carreaux vissée sur le crâne (évidemment)).

Souvent, quand j'entre dans un lieu désert comme ça, j'ai presque envie de ne laisser aucune trace, de faire la "petite souris" et de ne rien toucher pour juste profiter un instant de l'ambiance ; m'imprégner du lieu et des tableaux puis disparaître avant que quelqu'un ne vienne... Bizarrement, ce genre d'endroit me donne presque l'impression de ne pas avoir le droit d'entrer, comme si j'allais déranger quelque chose. Peut-être parce qu'on ne se sent pas forcément à sa place. On se dit que c'est prétentieux de se juger apte à comprendre l'expression d'un artiste en un regard... Ou alors, plus simplement à cause de la sérénité du lieu. Un peu comme si on allait interrompre un dialogue silencieux entre les oeuvres (genre Toy Story, mais version tableaux, si ça se trouve ils ont une vie à eux une fois qu'on a le dos tourné... Bref.) De toute façon, pas la peine de penser à m'éclipser ici, le carillon de l'entrée avait bien fait son job - et puis, j'étais d'une bonne humeur imperturbable, un ogre à trois têtes m'aurait chassée à coups de massue en me beuglant "Y'avait marqué "entrée libre" mais c'était parce que je voulais que personne ne rentre, AAAARGH !" je serais quand même repartie en souriant.

Arrive donc - non pas un ogre - mais une petite madame en blazer et aux cheveux courts qui me présente immédiatement l'artiste exposé : il s'agit de Jean-Claude Machek, un artiste local et contemporain, qui a suivi une formation classique aux beaux-arts et présente ici ses paysages de la région, des huiles sur papier. "Celles-ci, me précise-t-elle en désignant quelques toiles sur le mur de droite, sont voulues par l'artiste comme des paysages érotiques." "Ah bon ?" Légèrement perplexe, je regarde d'un peu plus près et distingue en effet quelques formes suggestives ici ou là, sans toutefois me sentir particulièrement émoustillée. "D'accord..." ai-je finalement commenté, ma nouvelle devise "Et pouwquoi pas ?" en tête. Après être restée quelques instants avec moi et m'avoir posé quelques questions ("Vous reconnaissez les bords de la Garonne ?" (je dois dire que, dans ma bonne logique, ça ne m'avait même pas effleuré ; j'étais plutôt dans l'optique "Oh ! une rivière ! c'est joli :D"), "Vous êtes peintre ?" ("Heu non, pas du tout !")), elle finit par me laisser pour aller jouer quelques notes sur un piano dans la pièce d'à côté (la présence de l'instrument me paraît d'ailleurs, maintenant que j'y pense, vaguement incongrue ; pourtant sur le coup ça ne m'a pas étonnée plus que ça).

J'ai donc examiné à loisir les tableaux affichés et je dois dire que j'ai beaucoup aimé. Les couleurs sont très vives - et c'est bien ce qui m'a attirée à la base - étalées par de grands coups de pinceau large : beaucoup de jaune, de vert, de rose, de bleu... Le résultat est original, étrangement parlant, apaisant et même émouvant. Un peu énigmatique, aussi, comme le restera sûrement toujours un peu Mère Nature à nos yeux de pauvres humains dénaturés. Des vues campagnardes, telles qu'on a pu en peindre des millions de fois (meules de foin, champs, orée d'un bois...) mais la stylisation, le support (jamais vu des huiles sur papier avant !) et même le choix des vues, qui témoignait d'une nette influence photographique pour certaines, rendaient compte d'un travail vraiment personnel. En jetant un coup d'oeil sur le livret qui récapitulait son parcours, j'ai été intéressée de voir qu'il avait travaillé sur beaucoup de choses différentes - notamment sur des tableaux hyperréalistes, style qui m'a toujours impressionnée (pour le peu que j'en sais).

Je suis ensuite passée à l'autre salle où était exposé le reste des peintures et où se trouvaient le piano et le bureau de ma petite madame - ainsi que la petite madame elle-même, d'ailleurs. Comme je n'avais jamais vu la galerie avant, je lui ai posé quelques questions et s'est alors entamée une discussion très agréable. Elle aussi avait fait des études de lettres et en était, elle aussi, très contente - d'où un petit intermède sur mon programme, et notamment Rabelais (cf mon dernier craquage). Je n'ai pas pu m'empêcher de lui demander comment elle en était arrivée là ("Comment j'en suis "arrivée là" ? mais je ne suis pas en prison !" xD), intriguée que j'étais par son métier. Elle m'a alors révélée qu'elle avait toujours été entourée d'artistes, alors qu'elle-même ne savait pas tenir un pinceau, et qu'elle se voyait comme une sorte de transmetteur, comme le cuivre. Elle a ajouté : "Vous savez, on le sent quand on est à sa place et ici, je me sens bien.", phrase qui m'est restée en mémoire parce que, pour le coup, je voyais exactement ce qu'elle voulait dire. De plus, je concevais parfaitement qu'on puisse se sentir bien ici, entre ces murs frais et lumineux, rassurants. "Vous êtes sûre que vous n'êtes pas peintre ?" (bah oui, plutôt xD) "Heu non, non, je m'intéresse à l'Art en général, c'est tout." "J'ai écouté une émission sur France Culture qui était très intéressante ce matin. Ils essayaient de définir l'Art... vous devriez essayer de la podcaster, si vous pouvez." "Ah oui, je regarderai sur le site internet alors, merci !"

Après quelques minutes, est finalement entré quelqu'un - qui s'est ensuite révélé être sa fille et sa petite-fille - qui a interrompu notre conversation. J'ai alors terminé mon petit tour de la galerie et les ai rejointes dans l'entrée où la madame m'a présentée à sa famille. "Regardez ma petite-fille, elle est ADORABLE !" déclara-t-elle en toute objectivité. Pour le coup, la madame a eu de la chance que je sois tante (dite "Tine Mé") depuis presque deux ans sinon j'aurais peut-être peu partagé son enthousiasme devant l'enfant qui, j'avoue, était choupette avec ses petites chaussures, ses collants à motifs, sa robe et surtout ses grands yeux souriants qui me dévisageaient avec curiosité. Furent également invités à profiter de la convivialité ambiante deux types qui, comme moi deux minutes auparavant, hésitaient devant la vitrine ("N'hésitez pas à entrer, sinon on sert à rien nous vous savez !") et ça m'a amusée de les voir contraster gaiement avec le lieu eux aussi (ils étaient un peu dans le style lycéen/surfeur). Je remerciais la petite madame pour la conversation qui m'avait fait bien plaisir - "Mais à moi aussi !" - et les ai laissées en famille.

 

=> Bilan : Je préfère passer sous silence les sommes honteuses que j'ai dépensées cet après-midi là pour plutôt privilégier le fait que cet épisode m'a amenée à écouter une émission sur l'Art sur France Culture hier matin (même si je suis pas sûre que ce soit bien celle dont elle m'avait parlé xD), m'a donné envie de lire des traités sur le paysage (mais peut-être pas sur leur érotisme, quoique cette histoire m'intrigue un peu, quand même... xD) et m'a surtout fait ressentir la simple et douce satisfaction d'avoir profité pleinement de mon après-midi tout en m'enrichissant. Le pouvoir de l'Art, hein, c'est fou ! Et le truc encore plus fou, c'est que je viens de voir que l'exposition s'est terminée hier... Comme quoi j'aurais aussi bien pu passer à côté et ignorer totalement tout ça pour le restant de mes jours - ce qui n'aurait certes pas bouleversé l'intégralité du cosmos, mais quand même, je reste toujours médusée devant ces petits hasards qui rendent la vie de tous les jours si riche... !

 

=> La Galerie Concha de Nazelle,

5 rue du Puits Vert (juste à côté d'un super restau végétarien trop génial, La Faim des Haricots :D)

 

19 avril 2011

Six Feet Under (+ The Maccabees !)

 

« Time doesn't tell the truth about our souls. Only Love.

We're all children when we truly love. »


Six Feet Under, Saison 3, Tears, bones and desire (épisode 8)

 

 

Plus une chanson que je me suis envoyée en boucle pendant tout l'après-midi et que je trouve triplement adaptée ici ; d'une parce que c'est tout doux tout mignon et faussement naïf comme un amour d'enfant ; de deux parce que le groupe s'appelle The Maccabees et que ça pourrait faire penser aux "macchabées", ce qui, dans le contexte d'une série qui se déroule dans des pompes funèbres, tombe plutôt à pic ; de trois, je sais, la réflexion qui précède n'est pas de très bon goût mais la génialité de la chanson ET du clip compensera cela sans problème :)

 

"Toothpaste Kisses", The Maccabees, Colour in It.

 

9 août 2011

« Tout mon passé dans trois cartons... » (3)

  Semi-réflexions sérieuses et surtout poussiéreuses.


Histoire de clôturer ma passade « profitons du passé puisque Alzheimer ne me guette pas encore » en beauté, et comme j'avais résolu d'achever mon rangement par un tri de photos numériques, je me suis égarée à visionner (à des heures non avouables) des vidéos, des montages et des photos de l'époque du lycée.

Quand même, les photos, c'est dingue ce que c'est précis ! Ça vous renvoie tout un tas de détails enfouis dans la gueule avec une de ces vivacités, c'est impressionnant... ! D'un coup je revois tout : les pauses goûters caloriques entre chaque interclasse, le bruit des chaises et du brouhaha quand on rentrait dans les salles de cours, la dame de la cantine à qui je disais bonjour tous les midis, la rugosité des tables en bois hors d'âge sur lesquelles des centaines d'élèves avant moi avaient gravé leur ennui, l'odeur de plastique neuf du cahier de la classe qu'on oubliait toujours d'apporter au prof, les petits papiers roses qu'on devait ramener à la vie scolaire quand on avait été malade, les fausses dispenses du cours d'EPS... (ah non pardon, ça, fallait pas en parler)

Mais quand on me dit « lycée », je pense surtout à ma bande d'amis de l'époque. Et rien que ça, ça me fait sourire. Je me suis tellement amusée pendant ces trois ans... ! (et encore heureux, d'ailleurs, quand on voit le nombre d'heures qu'on y passait chaque semaine xD) C'est marrant, parce que quand j'y pense, j'ai l'impression d'y être encore, comme s'il suffisait que je remette mon sac en bandoulière sur l'épaule et que je rentre dans la cour pour les y retrouver, à faire le pied de grue devant la salle d'histoire-géo. Et d'un autre côté, ça paraît tellement loin... comme dans une autre vie. Mes amis du lycée, j'y tiens encore ! J'en compte certains parmi mes plus proches amis, même si je n'ai pas forcément des nouvelles d'eux tous les jours. Pour d'autres, il suffit qu'on se retrouve ensemble pour que les discussions repartent comme avant, comme si on s'était juste séparé pour le week-end. On évolue différemment, on s'éloigne pour un temps et puis, on ne sait pas pourquoi, d'un coup on se rend compte qu'on est sur la même longueur d'ondes, qu'on traverse les mêmes choses au même moment. Il y en a d'autres qui sont plus lointains, qu'on a un peu de mal à suivre parce qu'on ne vit plus les mêmes choses qu'eux... ce qui ne remet nullement en cause le fait qu'on a été proches à un moment donné et qu'on compte toujours l'un pour l'autre, d'une certaine façon.

En regardant ces vidéos, j'ai revécu tous ces petits riens, tous ces petits éléments de la vie quotidienne qui faisaient que j'ai énormément aimé cette période. La mimique d'une telle, l'éclat de rire d'une autre, la douceur de l'un, les fou-rires avec l'autre, les coups de colère d'une autre, le parfum d'une dernière... Ce sont ces minuscules détails qui m'ont rappelé à quel point ces personnes ont été et sont encore importantes pour moi. Et ce, même si le temps nous a séparées, nous sépare ou nous séparera. L'essentiel est de les avoir connues et rencontrées à ce moment précis, sans doute, même si c'est toujours un peu triste de voir qu'on n'est pas forcément resté en contact par la suite alors même que, sur les images, on paraît si heureux d'être ensemble.

Du coup, on se demande aussi ce qu'il adviendra de nos relations du moment... Ce qu'on aura retiré de ces nouvelles rencontres. Est-ce qu'un jour on regardera des photos de l'époque de la fac en se disant « Purée, c'est vrai, j'étais tout le temps fourré avec Machin... ! ». Impossible de savoir, évidemment. Quand je vois à quel point j'ai changé pendant, après et depuis le lycée... ! Alors, je pense à tout le temps que j'ai passé avec certaines personnes et l'état de nos relations actuelles, et je me pose des questions : qu'est-ce que ça nous a apporté, en dehors de ce bon temps en lui-même (ce qui est déjà quelque chose, bien sûr) ? Est-ce que ça laisse vraiment une trace, même si ça s'arrête ? Je serais tentée de répondre par l'affirmative, en bonne optimiste (ou plutôt, en bonne fille qui travaille son optimisme). Seulement, mon côté angoissé aimerait bien avoir des preuves tangibles de la dite affirmation, histoire de se dire qu'elle n'a pas compté pour du beurre, qu'elle a été là pour une raison (inconnue, certes, mais une raison) et que, même si elle n'accomplit rien de très grand dans sa vie et dans la funeste hypothèse où elle se ferait tragiquement faucher par un camion demain, elle laissera une petite trace – ne serait-ce qu'une impression... une toute petite impression... Quitte à pas marquer la postérité, au moins l'esprit des gens qu'elle a côtoyés, quoi – c'est vrai quoi, merde.

Et même si ce genre d'interrogation existentielle ne trouvera (évidemment) pas de réponse, on apprend à vivre avec et à continuer son chemin en espérant apporter sa pierre à l'édifice universel, chacun à sa manière.

(Dieu doit aimer les apories. Ou alors, c'est juste un sadique qui aime bien regarder les humains se torturer la cervelle avec des « qui, pourquoi, comment » perpétuels et qui a rien de mieux à faire de ses journées – ce qui, pour un Créateur, est quand même un peu la dèche).

 

"Dammit", blink-182, Dude Ranch.

Parce que la bribe de parole « Well I guess this is growing up » me vient constamment en mémoire en cas de tuile et me réconforte toujours, bizarrement.

(et aussi parce que le type qui joue le vendeur de pop-corn dans le clip m'éclate)

 

 

N'empêche qu'il me semble détenir une « preuve » que notre passage sur cette terre laisse toujours une trace, même si elle n'est pas forcément perceptible :

Lorsque sa mère (ma grand-mère) est décédée, ma tante a voulu expliquer à son fils, âgé de trois ou quatre ans, qu'il ne la reverrait plus. Alors qu'elle cherchait ses mots pour lui expliquer que, malgré tout, ce n'était pas comme si elle n'avait jamais existé et qu'il restait quelque chose de sa présence parmi nous, ne serait-ce que par le biais du souvenir qu'on gardait d'elle, mon cousin lui a demandé : « Comme son sourire ? ».

J'ai toujours trouvé que ces trois mots d'enfant, tout simples et spontanés, avaient le pouvoir magique de réchauffer le cœur en un instant... Le genre de phrase qui vous fait sourire et verser une petite larme tout à la fois, parce que, putain ! c'est beau, la vie, quand même.

 

 

25 février 2011

... et comment s'en remettre.

... MAIS parce que je suis gentille et de nature optimiste (mais si, mais si), je vous propose également THE remède pour se remettre de la sale rupture ! Et ce, avec quatre autres chansons :

 

"Le 115", Bénabar & Associés, La p'tite Monnaie.

Parce que là plus que jamais il est important de garder le sens de l'humour... :p

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"My Favourite Game", The Cardigans, Gran Turismo.

Parce qu'il est important et sain (ou pas) de tout rejeter sur la faute de l'autre en se disant qu'on voulait le changer pour son bien et qu'on est un/e saint/e.

(au passage, vous comprendrez en lisant les paroles de cette entraînante chanson qu'il est bon de tirer une meilleure leçon que ça d'une relation qui a foiré !)

Et aussi parce que, qui ne rêve pas de faire un clip (inutile, certes) au volant d'une super décapotable ?

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"Plastik Heart", Dirty Pretty Things, Romance at Short Notice.

Parce que son pseudo ton léger fait du bien et parce qu'un jour on aura envie de passer à autre chose.

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"I Will Survive", Gloria Gaynor.

Parce que c'est la must du must sur les ruptures et qu'elle est tout simplement jouissive.

(pour info, vous pouvez aussi aller voir la vidéo suivante, trésor du web, qui transpose la chanson dans un contexte autre pour le moins décalé... -> I will survive )

 

1 février 2011

De l'intérêt d'aller en cours. (1)

Maintenant que le second semestre est commencé (et qu'on se retrouve joyeusement accablé de volumineux bouquins à lire "pour la semaine prochaine" (LOL)), j'ai trouvé sympa l'idée de clore la première partie de l'année scolaire - our time is running out, on ne le dira jamais assez - en recopiant ici les bons mots de mes professeurs !

Ah, pauvres profs... Sûrement le métier le plus ingrat du monde après celui de parent... ! Et pourtant, c'est beau, l'éducation ! Transmettre son savoir, partager ses connaissances et son désir d'apprendre... ! (enfin, ça c'est un peu comme "Liberté, Egalité, Fraternité", c'est un joli principe bien abstrait qu'il est nettement plus difficile de mettre en place dans les faits, et encore plus quand on saccage joyeusement l'Education Nationale).

Je tiens à préciser que l'intitulé de l'article ne remet nullement en cause l'intérêt intrinsèque au fait d'aller en cours qui est, bien naturellement, de ne pas être marqué absent s'instruire tout ça tout ça ! Tout ça pour dire que je prends aussi des notes "normales", et pas juste les blagues de mes profs, hein. En plus, vous pourrez me remercier pour tous les trucs super intéressants que vous aurez appris grâce à mon super blog et que vous pourrez ressortir dans les super conversations branchées des clubs hype. Et même que vous retiendrez d'autant mieux que la plupart des trucs sont drôles - ce qui rejoint la finalité de tout bon écrivain d'apologues : "Instruire et plaire" (merci à monsieur Jean de La Fontaine pour cet aphorisme parlant).

Commençons donc par...

La classe de Littérature


"Un hérisson stressé, c'est le poème parfait !"

Explication littéraire : Car oui, voyez-vous, un poème est une entité à part (comme toute œuvre d'Art) qui n'a d'autre visée que lui-même (il se contente de transmettre un sens), d'où le qualificatif d'autotélique - qui est un bien bel adjectif, on est d'accord ! Un hérisson qui se recroqueville sur lui-même peut, de ce fait, être envisagé comme la métaphore du poème parfait, surtout s'il est stressé, vu que, comme chacun sait, lorsqu'il se sent menacé, ce sympathique mammifère se roule en boule.

 

"Après avoir courageusement décidé de faire... RIEN, on s'y remet !"

Explication non littéraire : Dans le contexte des grèves et du blocage du début de l'année, on hésitait à se donner rendez-vous à l'heure de cours habituelle ou pas. Ici, on avait en effet décidé de ne rien faire, c'est-à-dire de venir quand même, au cas où on pourrait accéder aux locaux (on sait jamais !).

 

"La cabane d'enfants est un lieu autre. La chambre d'ado aussi, d'ailleurs !"

Explication littéraire : Vous remarquerez en effet qu'une cabane d'enfants ou une chambre d'ado répond à des "lois" différentes du monde "normal", la société, ou le monde adulte, si vous préférez. Le propriétaire du lieu peut ainsi, à sa guise, se prendre pour Tarzan et inventer tout un tas d'histoires extraordinaires pleines de magie ou encore bannir toute présence adulte pour privilégier un monde glauque où les chanteurs crient leur mal-être en remuant leurs cheveux gras.

 

"C'est un Argentin, au départ... à la fin aussi, d'ailleurs."

Explication pas vraiment littéraire : On parlait de Jorge Luis Borges, un écrivain argentin, donc.

 

"On va passer au point suivant, à savoir : comment détruit-on un golem ? (on sait jamais ça peut toujours servir !)"

Explication littéraire : Le mythe du Golem est raconté dans la religion juive. Il s'agit de construire un homme (ou plutôt un sous-fifre) à partir de terre. ça réactualise par là des questions un peu dérangeantes, qui rejoignent le roman de Mary Shelley Frankenstein et le mythe de Prométhée, à savoir est-ce que l'homme a le droit de se prendre pour Dieu, l'homme est-il naturellement bon, etc...

 

"Les hommes politiques ont toujours un discours structuré, même s'ils n'ont rien à dire."

Explication non littéraire : On parlait de la méthodologie de la dissertation, la construction d'un raisonnement. Notez qu'on nous encourage ici à faire preuve des mêmes capacités en matière de structure, mais pas au niveau du fond (encore heureux !).

 

"Que l'errance soit intergalactique ou sur la mer, les planètes sont les mêmes."

Explication littéraire : On parlait ici du Quart-Livre de Rabelais, où les personnages voguent d'îles en îles et y découvrent des personnages étranges qui représentent en fait des exemples ou des contre-exemples que l'on doit imiter ou éviter si l'on veut être un bon Humaniste de la Renaissance. Le prof en a profité pour faire référence à Star Wars qui, au final, peut aussi être interprété comme un parcours de la construction individuelle (je vous avouerai que même si j'ai trouvé ça intéressant et très certainement valable, je me suis pas particulièrement penchée sur la question xD).

 

 "C'est une sorte de Bisounours, le roi !"

Explication pas vraiment littéraire : Le roi de l'El Dorado, le pays merveilleux décrit par Voltaire dans Candide, est en effet très gentil, à tel point qu'il convient de l'embrasser pour le saluer.

 

"Je caresse mon chat, je cultive mes plantes et comme ça, je suis content."

Explication littéraire : Caricature du contre-sens qui est souvent fait à propos de la réflexion finale qui clôture Candide : "il faut cultiver son jardin". Voltaire était quelqu'un qui s'engageait énormément dans la politique de son époque, d'où la métaphore du jardin qui signifie, non pas qu'on reste chez soi à manger ses carottes bio, mais plutôt qu'on développe son sens critique par l'éducation (nous y revoilà :D) afin de pouvoir ensuite agir politiquement dans le sens de sa propre morale - qui peut aussi, finalement, ne pas aller plus loin que la consommation de ses propres carottes bio, qui constitue, quelque part, un acte politique, comme dirait Pierre Rabhi (mais peut-être pas du temps de Voltaire, j'en conviens).

 

"Le seul qui se disait athée, c'était le Marquis de Sade, mais il s'en fichait, il était déjà en prison."

Explication littéraire : Le Marquis de Sade est bien connu pour avoir écrit un livre érotique pour le moins dérangeant (Justine ou les malheurs de la vertu) pour lequel il a été emprisonné (entre autres raisons, je suppose). C'est de son nom que vient le mot "sadisme" (pour vous donner une idée de ce que peut subir l'héroïne...). Pendant le XVIIIe, dans la suite de la Renaissance, les philosophes commençaient à émettre quelques doutes quant à l'existence de Dieu, mais ils ne pouvaient évidemment pas le clamer sur tous les toits sans risquer très gros étant donné que les monarques de droit divin étaient en ce temps-là considérés comme les "lieutenants de Dieu sur terre".

 

 "On va pas y passer trop de temps - d'autant que j'ai perdu ma page."

Non explication non littéraire : Ce prof est trop génial ^^

 

"Pour être metteur en scène, il faut être un petit peu pervers sinon on s'en sort pas."

Explication littéraire : La perversité supposée de tout metteur en scène est justifiée par le fait que c'est lui qui décide de "manipuler" les acteurs comme il l'entend pour donner à la pièce le sens qu'il lui a trouvé. Il y a aussi la question du regard, qui fait du metteur en scène quelqu'un qui reste sur le côté et surveille le bon déroulement de l'action, dont des scènes qui relèvent parfois de l'intime pour les personnages (un monologue, un aveu, une révélation...). (Soit dit en passant, la question du voyeurisme peut aussi être abordée par rapport aux spectateurs...)

 

"Soyez lourdingues à l'oral !"

Explication non littéraire : Conseil du prof qui disait que, lorsqu'on passe un oral, il faut penser à bien appuyer sur les différentes parties de son explication, à grands renforts de "NOUS ALLONS VOIR DANS UN PREMIER TEMPS", "NOUS PASSONS MAINTENANT A", "COMME NOUS L'AVONS VU DANS LA PARTIE PRECEDENTE" et autres légèretés rhétoriques du genre.

 

"C'est un intellectuel français tout ce qu'il y a de plus vivant. Mais Barthes est mort."

Explication pas vraiment littéraire : On parlait ici de plusieurs critiques littéraires contemporains : Michel Butor (le survivant) et Roland Barthes (qui est donc mort).

 

 

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